31 October 2026

Du sac-poubelle à l’urne funéraire : quelle place accordons-nous vraiment aux NAC ?

Du sac-poubelle à l’urne funéraire : quelle place accordons-nous vraiment aux NAC ?

Pour certains, la mort d’un lapin, d’un cochon d’Inde ou d’un rat laisse un vide immense. Pour d’autres, son corps finit tout simplement à la poubelle. Deux réalités qui en disent long sur la place que nous accordons encore à ces animaux.

Une vétérinaire nous a confié que certains propriétaires allaient jusqu’à jeter le corps de leur NAC avec leurs ordures ménagères. Une pratique pourtant interdite, mais qui semble encore exister.

Comment peut-on partager son quotidien avec un animal, parfois pendant plusieurs années, puis s’en débarrasser comme d’un objet devenu inutile ?

À l’autre extrême, il y a ceux pour qui la disparition d’un NAC représente un véritable déchirement. Ceux qui ont passé des nuits à surveiller leur compagnon malade, qui ont multiplié les consultations vétérinaires, parfois dépensé des sommes considérables pour tenter de le sauver. Ceux qui conservent une urne, une empreinte de patte ou simplement une photo à laquelle ils tiennent particulièrement.

Et surtout, ceux qui continuent à chercher du regard ce petit être qui faisait partie de leur quotidien.

Car derrière le mot « NAC », il y a des individus, chacun avec son caractère et ses habitudes. Ce lapin qui venait réclamer ses légumes, ce cochon d’Inde qui reconnaissait le bruit du réfrigérateur, ce rat qui venait spontanément chercher le contact.

Des moments anodins en apparence, mais qui finissent par occuper une place immense.

À la douleur de la perte s’ajoute parfois l’incompréhension de l’entourage.

« Tu en reprendras un autre. »

« Ce n’était qu’un lapin. »

« Tu ne vas quand même pas pleurer pour un hamster ? »

Des phrases que beaucoup de propriétaires de NAC ont déjà entendues et qui peuvent faire terriblement mal.

Comme s’il existait une hiérarchie dans le chagrin. Comme si perdre un chien ou un chat méritait de la compassion, mais que pleurer un lapin ou un rat relevait de l’exagération.

Pourtant, on ne pleure pas une espèce, on pleure un compagnon avec lequel on a partagé une partie de sa vie.

Et cette peine peut être d’autant plus difficile à vivre que les NAC ont parfois une santé fragile. Certaines maladies évoluent rapidement, laissant leurs propriétaires face à des décisions douloureuses.

Fallait-il tenter une nouvelle opération ? Poursuivre les traitements ? Accepter l’euthanasie ?

Après leur disparition, la culpabilité peut s’ajouter au chagrin. Même lorsqu’on a fait tout ce qui était possible, il reste souvent cette question : « Et si j’avais pu faire davantage ? »

Il arrive aussi que l’animal qui reste soit affecté par la disparition de son compagnon. Chez les lapins vivant en couple, notamment, certains changements de comportement peuvent apparaître après un décès. Une situation qui demande de l’attention, sans jamais oublier qu’une baisse d’appétit ou un changement important de comportement nécessite rapidement un avis vétérinaire.

Finalement, ce contraste entre le sac-poubelle et l’urne funéraire nous amène à nous interroger sur la manière dont nous considérons les NAC de leur vivant.

Un lapin vendu quelques dizaines d’euros en animalerie, un hamster acheté pour faire plaisir à un enfant, un cochon d’Inde acquis sur un coup de tête…

Ces animaux sont encore trop souvent présentés comme de petits compagnons faciles à acquérir et, parfois, tout aussi faciles à remplacer.

Leur faible prix d’achat contribue à banaliser leur existence, comme si leur valeur pouvait se résumer à quelques billets.

Pourtant, un lapin acheté 20 euros n’a pas moins de valeur qu’un chien acheté 1 500 euros.

Et si certains choisissent une crémation individuelle tandis que d’autres préfèrent une solution plus simple, ce n’est évidemment pas cela qui mesure l’amour porté à leur animal. Chacun vit le deuil à sa manière, avec ses convictions et ses moyens.

Ce qui nous interpelle, c’est cette différence fondamentale entre considérer un animal comme un être vivant dont on est responsable et le traiter comme un bien de consommation.

Au Collectif Urgence NAC, nous sommes régulièrement confrontés aux conséquences de cette banalisation : achats impulsifs, abandons, défauts de soins ou animaux devenus encombrants.

C’est notamment pour cette raison que nous militons pour l’interdiction de leur vente en animalerie. Accueillir un animal devrait être une décision réfléchie, prise en connaissance de ses besoins et des responsabilités qu’elle implique, et non un achat impulsif.

Nous ne demandons pas à tout le monde de ressentir le même attachement pour un lapin, un rat ou un cochon d’Inde.

Nous demandons simplement que leur vie soit respectée et que la douleur de ceux qui les perdent ne soit plus minimisée.

Parce qu’un NAC n’est pas un animal de seconde catégorie. Et parce que sa petite taille, son prix d’achat ou sa courte espérance de vie ne devraient jamais déterminer la considération qu’on lui accorde.

Finalement, la question n’est peut-être pas de savoir pourquoi certaines personnes pleurent autant la mort de leur NAC.

Mais pourquoi d’autres ont encore tant de mal à comprendre qu’on puisse les aimer à ce point.


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Author: Valérie Auzoux, Présidente de l’association Collectif Urgence NAC