1 November 2026

Pyrénées-Orientales : trois ânesses mortes de faim, de faiblesse et de froid, une quatrième sauvée de justesse leur propriétaire devant la justice ce lundi

Pyrénées-Orientales : trois ânesses mortes de faim, de faiblesse et de froid, une quatrième sauvée de justesse leur propriétaire devant la justice ce lundi

Le lundi 2 novembre 2026, à 13 h 30, le tribunal de police de Perpignan examinera une affaire de privation alimentaire concernant des ânes détenus sur la commune du Soler (66). Trois ânesses sont mortes et une quatrième a été sauvée dans un état critique. Selon le rapport vétérinaire, les deux premières seraient mortes de faim, de faiblesse et de froid. Affamés, les animaux avaient rongé l’écorce des arbres et consommé des plantes toxiques pour tenter de survivre. L’association Stéphane LAMART s’est constituée partie civile.

Le 8 janvier 2026, le docteur Chloé ROQUES, vétérinaire, intervient en urgence sur un terrain situé au Soler, à la demande de l’association Marina à Céret, en présence du propriétaire des animaux et d’agents de la police municipale.

Sur place, la situation est dramatique, deux jeunes ânesses sont découvertes mortes, dans un état de maigreur extrême. Deux autres, prénommées Jane et Zumba, sont retrouvées couchées depuis plusieurs heures, tellement amaigries et affaiblies qu’elles sont incapables de se relever.

Le rapport vétérinaire est particulièrement accablant : la praticienne estime que les deux ânesses retrouvées mortes ont probablement succombé à la faim, à la faiblesse et au froid. Elle constate également qu’il n’y a strictement plus rien à manger dans le pré. Les animaux ont rongé l’écorce de tous les arbres et consommé les pousses de séneçon, une plante toxique pour les équidés.

Faute de nourriture disponible, ces animaux affamés semblent avoir tenté de survivre en consommant tout ce qu’ils pouvaient trouver, jusqu’à ingérer des végétaux dangereux pour leur santé. Les deux ânesses encore vivantes présentent plusieurs troubles graves : maigreur extrême, anémie, infection sévère, légère hypothermie, tachycardie et suspicion d’intoxication végétale. Malgré leur état d’épuisement, elles manifestent une forte volonté de manger dès que de la nourriture leur est présentée.

Jane et Zumba sont prises en charge par le refuge « Marina où elles bénéficient de soins vétérinaires, d’une alimentation adaptée et d’une protection contre le froid. Malheureusement, malgré les efforts déployés pour la sauver, Jane décède dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026.

Au total, trois ânesses ont perdu la vie, la quatrième, Zumba, a pu être secourue et son état s’est progressivement amélioré grâce aux soins prodigués. Un propriétaire de 36 ans qui reconnaît avoir rationné l’alimentation de ses animaux, âgé de 36 ans, sans activité professionnelle et bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA), le propriétaire des quatre ânesses déclare vivre sur place, dans un mobil-home. Il explique avoir récupéré les animaux à la suite d’une annonce publiée sur Internet.Selon ses déclarations, la dernière visite vétérinaire remontait à septembre 2024, soit plus d’un an avant la découverte de l’état de santé particulièrement préoccupant des animaux.

Entendu par les gendarmes le 16 janvier 2026, il reconnaît avoir organisé et rationné leur alimentation. Il explique notamment que les ressources alimentaires du terrain étaient épuisées et qu’il attendait une livraison de foin… Il évoque également des épisodes de carences et des variations de poids au cours de l’année. Toutefois, il conteste les faits qui lui sont reprochés et affirme avoir voulu bien faire, sans avoir pris conscience de la gravité de la situation. Il invoque notamment le froid, une infection et une possible intoxication végétale.

L’enquête de voisinage apporte également des éléments préoccupants, une voisine, qui connaît Nicolas H. depuis environ trois ans après avoir acquis un terrain agricole à proximité du sien, explique avoir constaté des difficultés dans la prise en charge de ses animaux dès 2024. Elle relate notamment avoir découvert, entre février et mai 2024, le cadavre d’un âne à la suite d’une mise bas qui se serait mal déroulée. C’est à cette occasion qu’elle affirme avoir pris conscience de son manque de connaissances concernant les équidés.

Travaillant elle-même auprès des animaux, elle explique lui avoir spontanément proposé son aide et donné plusieurs conseils concernant leur alimentation et leur entretien quotidien, elle lui avait également demandé de la contacter dès qu’il rencontrerait une difficulté. Cependant, selon son témoignage, le propriétaire ne sollicitait généralement son aide que lorsque la situation était déjà particulièrement dégradée.

La voisine évoque également des difficultés financières pour assurer correctement l’entretien de ses animaux, selon son témoignage Nicolas H. se serait régulièrement plaint du coût élevé des consultations vétérinaires et aurait eu des dettes auprès d’un vétérinaire. Ces éléments mettent en évidence, selon les témoignages recueillis, un manque de connaissances et de moyens pour répondre aux besoins élémentaires des animaux.

Pour l’association Stéphane LAMART, les difficultés financières ou le manque de connaissances ne peuvent en aucun cas justifier qu’un animal soit privé d’une alimentation suffisante ou des soins indispensables à sa santé. Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi de grandes études ni de posséder des compétences particulières pour constater qu’un animal maigrit anormalement et que son état de santé se dégrade. Un amaigrissement aussi important ne passe pas inaperçu et doit nécessairement alerter son propriétaire. Lorsqu’une personne n’est plus en mesure de subvenir aux besoins de ses animaux, elle doit prendre ses responsabilités et rechercher une solution adaptée, notamment auprès d’une association de protection animale, avant qu’il ne soit trop tard.

Dans cette affaire, le propriétaire est poursuivi devant le tribunal de police pour une contravention de privation de nourriture ou d’abreuvement nécessaire aux besoins physiologiques d’un animal. L’association Stéphane LAMART, représentée par Maître Aurélien Robert, avocat au barreau de Montpellier, demande au tribunal d’examiner une requalification des faits poursuivis en mauvais traitements volontaires envers un animal domestique.

L’association considère que les constatations vétérinaires, les déclarations du propriétaire reconnaissant avoir rationné l’alimentation, les carences évoquées ainsi que les témoignages faisant état de difficultés antérieures doivent être examinés dans leur ensemble. Elle estime que ces éléments soulèvent la question du maintien conscient d’une alimentation insuffisante, alors même que l’état des animaux se dégradait.

Au cours de son audition, le propriétaire aurait notamment exprimé son inquiétude quant à une éventuelle condamnation pouvant l’empêcher de détenir des animaux à l’avenir, pour  Stéphane Lamart, la gravité de cette affaire justifie qu’une interdiction définitive de détenir des animaux soit envisagée dans un cadre judiciaire permettant légalement une telle sanction.

« Trois ânesses sont mortes et une quatrième a été retrouvée dans un état de faiblesse extrême, incapable de se relever. Le rapport vétérinaire est sans équivoque sur l’absence de nourriture disponible : ces pauvres animaux en étaient réduits à ronger l’écorce des arbres et à consommer des plantes toxiques pour tenter de survivre. Leur propriétaire reconnaît lui-même avoir rationné leur alimentation. On ne peut pas se contenter d’entendre qu’il voulait bien faire. Les animaux sont des êtres vivants, doués de sensibilité, qui dépendent entièrement des personnes qui en ont la responsabilité. Lorsqu’on ne dispose ni des connaissances ni des moyens nécessaires pour s’en occuper correctement, on doit demander de l’aide ou confier les animaux à une structure compétente. On ne peut pas les laisser dépérir jusqu’à ce qu’ils meurent.

L’affaire sera examinée le lundi 2 novembre 2026 à 13 h 30, devant le tribunal de police de Perpignan.

L’association Stéphane LAMART, constituée partie civile, entend rappeler à travers cette procédure que la détention d’un animal implique des obligations fondamentales d’alimentation, d’abreuvement, de surveillance et de soins, elle sollicite également la réparation de son préjudice moral.


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Author: Association Stéphane Lamart