22 September 2026

Collectif Urgence NAC : unir nos voix pour faire changer les choses

Collectif Urgence NAC : unir nos voix pour faire changer les choses

Quand on recueille des NAC abandonnés, on finit forcément par se poser une question : pourquoi sont-ils toujours aussi nombreux à arriver dans nos associations ?

Achats sur un coup de cœur, besoins sous-estimés, erreurs de sexage, portées accidentelles, frais vétérinaires trop importants, reproductions entre particuliers… Et au bout de la chaîne, très souvent, les refuges.

C’est de ce constat qu’est né le Collectif Urgence NAC en novembre 2023. Avec une idée toute simple : réunir les associations et refuges spécialisés pour ne plus agir chacun dans notre coin et essayer, ensemble, d’agir aussi sur les causes des abandons.

En janvier 2026, une délégation du Collectif rencontre le sénateur Arnaud Bazin. Ce rendez-vous va véritablement donner une nouvelle impulsion au Collectif.

Nous pouvons enfin parler directement de ce que nos associations vivent au quotidien : des refuges saturés, des reproductions non maîtrisées, des ventes entre particuliers, des annonces illégales sur Internet, mais aussi de la vente des NAC en animalerie.

Au fil des mois, de nouvelles associations nous rejoignent. Et plus nous échangeons, plus nous faisons le même constat : ce que l’une vit dans son département, une autre le vit souvent à l’autre bout de la France.

C’est là que le Collectif prend tout son sens.

Depuis 2024, chiens et chats ne peuvent plus être vendus en animalerie. Pourtant, lapins, cochons d’Inde, hamsters, rats, souris et autres petits animaux continuent d’y être commercialisés.

Un lapin peut vivre une dizaine d’années. Il a besoin d’espace, d’une alimentation adaptée et de soins vétérinaires. Pourtant, il est toujours possible d’entrer dans une animalerie sans avoir prévu d’accueillir un animal et d’en ressortir avec lui.

Un animal ne devrait jamais être un achat comme un autre.

C’est pourquoi nous demandons l’interdiction de la vente des NAC en animalerie.

Mais agir sur les animaleries ne suffira pas. Les NAC sont aussi vendus ou cédés entre particuliers, notamment sur Internet. Les circuits sont différents, mais nous en retrouvons trop souvent les conséquences au même endroit : dans nos refuges.

Nous refusons que nos refuges deviennent le service après-vente de la vente d’animaux.

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, Les P’tits Poilus d’la Grotte, association membre du Collectif, a mené une vaste enquête sur les annonces de « dons » de lapins publiées sur Leboncoin.

En seulement un mois, 4 814 annonces ont été recensées manuellement et 12 444 lapins proposés, dont 5 356 lapins de compagnie. Plus frappant encore : 77,7 % des annonces présentées comme des dons correspondaient en réalité à des ventes avec contrepartie financière.

Pour les lapins de compagnie étudiés, 85 % des annonceurs interrogés ne demandaient pas le certificat d’engagement et de connaissance, et seulement 1 % des annonces le mentionnaient explicitement.

Ces chiffres montrent bien que si nous voulons réellement agir sur les abandons, nous devons regarder tout ce qui se passe avant que l’animal arrive dans un refuge.

Le 17 septembre, nous avons été reçus par la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale (DNLMA).

Ce rendez-vous comptait beaucoup pour nous. Nous voulions faire entendre la place particulière des NAC dans la lutte contre la maltraitance animale, mais aussi montrer ce que notre réseau peut apporter grâce à l’expérience quotidienne de ses associations.

Et nous en sommes ressortis avec une nouvelle que nous n’aurions probablement pas imaginée lorsque le Collectif est né : nous allons intégrer le Comité interministériel de lutte contre la maltraitance animale (CILMA).

Pour nous, c’est une étape importante. Pas simplement pour le Collectif, mais surtout parce que les NAC et les associations qui les prennent en charge auront désormais une voix dans ces échanges avec les pouvoirs publics.

C’est exactement ce que nous cherchions en nous réunissant : faire remonter ce que nous voyons sur le terrain là où les choses peuvent évoluer.

Et le travail continue.

Le 6 octobre prochain, le Collectif Urgence NAC sera auditionné à l’Assemblée nationale, notamment autour de l’enquête des P’tits Poilus d’la Grotte et de la problématique des ventes illégales d’animaux entre particuliers.

Ce rendez-vous a une portée particulière : un travail réalisé par une association de terrain va être porté jusque devant les parlementaires.

Derrière les milliers d’annonces et les chiffres, nous voulons surtout parler de ce qu’ils représentent : des reproductions non maîtrisées, des erreurs de sexage, des cessions mal encadrées et, parfois quelques mois plus tard, des animaux qui viennent grossir les demandes de prise en charge de refuges déjà saturés.

C’est toute la raison d’être du Collectif : prendre ce que vivent les associations sur le terrain, réunir leurs expériences et porter leur voix plus loin.

L’année 2026 marque aussi la création de l’association Collectif Urgence NAC, pour renforcer nos actions. Le Collectif reste avant tout porté par les associations qui le composent : ensemble, nous voulons continuer à recueillir et protéger les animaux, mais aussi agir en amont pour prévenir les abandons.

En novembre 2023, nous avons décidé de ne plus agir chacun dans notre coin.

Trois ans plus tard, la voix des associations commence à arriver là où nous voulions qu’elle soit entendue. Et ce n’est que le début.


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Author: Valérie Auzoux, Présidente de l’association Collectif Urgence NAC