26 juillet – Journée mondiale des mangroves. Des remparts naturels en première ligne face au changement climatique
Puits de carbone parmi les plus puissants de la planète, remparts naturels contre l’érosion côtière et réservoirs de biodiversité vitaux, les mangroves rendent des services inestimables aux écosystèmes marins et aux populations côtières. Pourtant, cet écosystème unique, à la frontière entre terre et mer, continue de reculer sous l’effet des activités humaines et du changement climatique.
Les mangroves disparaissent à un rythme préoccupant. Parce qu’il est encore temps d’inverser cette tendance, la Fondation de la Mer se mobilise pour soutenir des projets de protection et de restauration des mangroves, notamment en Outre-mer.
Les mangroves sont des écosystèmes côtiers précieux indispensables au climat, à la biodiversité et aux populations
Elles sont composées de diverses espèces de palétuviers, des arbres adaptés à la vie en milieu salé, capables de se développer avec les racines partiellement immergées. Elles couvrent environ 150 000 km² [1] et bordent près de 15% des zones côtières dans le monde[2].
Ce sont de puissants puits de carbone : elles stockent en moyenne 400 tonnes de carbone par hectare[3], soit près de trois fois plus que les forêts tropicales de même taille. Ce sont également d’incroyables alliées pour ralentir l’érosion côtière : elles dissipent l’énergie des vagues et piègent les sédiments, protégeant ainsi les côtes contre les effets du changement climatique (montée du niveau de la mer, intensification des tempêtes).
Les mangroves constituent par ailleurs des habitats essentiels de reproduction, de nurserie et de développement pour de nombreuses espèces. Ce sont des écosystèmes vitaux pour les populations côtières, qui en dépendent pour les ressources halieutiques et la protection du littoral. Enfin, elles filtrent une partie des pollutions d’origine humaine, contribuant ainsi à améliorer la qualité des eaux.
Un écosystème sous pression : le déclin des mangroves s’accélère
Les mangroves subissent une pression croissante. Expansion des activités agricoles, artificialisation des sols liée à l’urbanisation, pollutions et montée du niveau de l’Océan accélèrent leur disparition.
Entre 2000 et 2020, 43 % des pertes de mangroves sont liées à leur conversion pour l’aquaculture, les plantations de palmiers à huile et la riziculture[4]. Ces zones de balancement des marées sont, de surcroît, fragilisées par la montée progressive du niveau de l’Océan.
La Fondation de la Mer est engagée depuis plusieurs années dans la protection et la restauration des mangroves
Avec près de 87 800 hectares de mangroves[5] répartis dans 10 collectivités d’Outre-mer, la France porte une responsabilité au niveau mondial dans la préservation de cet écosystème.
La Fondation de la Mer accompagne des projets de restauration active à Mayotte et en Martinique, reposant sur la mise en place de pépinières locales, la plantation de palétuviers et le suivi des sites restaurés.
En parallèle, la Fondation de la Mer soutient des projets de sensibilisation, de surveillance, de formation et de sciences participatives. Ces actions s’appuient notamment sur une application mobile, qui permet aux scolaires et aux gestionnaires d’apprendre à mieux connaître cet écosystème et de repérer les menaces potentielles.
Au bilan des 5 projets soutenus en 2025 :
- 4 espèces différentes de palétuviers plantées (palétuviers rouges, palétuviers blancs, palétuviers noirs et palétuviers à fleurs)
- 4 551 plants de palétuviers replantés
- 17 380 m² de surface restaurée
- 27 280 m² de surface protégée
- 45 sorties terrain organisées
- 7 653 personnes sensibilisées aux actions de protection des mangroves.
“Préserver les mangroves, c’est investir dans des solutions fondées sur la nature capables de protéger les populations, préserver la biodiversité et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. À l’occasion de la Journée mondiale des mangroves, la Fondation de la Mer appelle à poursuivre et amplifier les actions de protection et de restauration de cet écosystème indispensable, tout en renforçant la recherche, le suivi écologique et l’accompagnement des communautés locales afin d’assurer des actions efficaces et durables”, rappelle Anaïs Massé, Directrice scientifique de la Fondation de la Mer.
[1]https://www.fao.org/sustainable-forest-management-toolbox/modules/mangrove-ecosystem-restoration-and-management/fr
[2] https://iucn.org/node/33749/red-list-mangrove-ecosystems
[3] Spalding, M. D., & Leal, M. (eds.). The State of the World’s Mangroves 2024. Global Mangrove Alliance, 2024. https://tnc.app.box.com/s/5fds45joyk7qdtdogywkd1zhovqyb08x
[4] Leal, M., & Spalding, M. D. (eds.). (2024). The State of the World’s Mangroves 2024. Global Mangrove Alliance. DOI: 10.5479/10088/119867
[5] IFRECOR, Chiffres clés – Les mangroves (2025). https://ifrecor.fr/wp-content/uploads/2025/06/IFRECOR-CP-MANGROVES.pdf
À propos de la Fondation de la Mer
Depuis plus de 10 ans, la Fondation de la Mer mobilise donateurs particuliers, entreprises mécènes et pouvoirs publics pour accélérer la protection des écosystèmes marins. Elle identifie, soutient et accompagne ainsi des centaines d’acteurs de terrain et agit pour protéger la biodiversité marine, lutter contre les pollutions en mer, promouvoir une gestion durable des ressources. Elle encourage la recherche, développe des ressources pédagogiques en partenariat avec l’Éducation nationale. Son statut d’observateur au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lui permet de prendre part aux décisions majeures en faveur de l’Océan. Plus d’informations : fondationdelamer.org
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Crédit photo : Association Mangrove Environnement
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Author: Fondation de la Mer
