Loi d’urgence agricole : l’urgence n’est pas de réautoriser des pesticides, mais de préparer l’agriculture de demain
L’Assemblée nationale a adopté la loi d’urgence agricole, qui réautorise à titre dérogatoire deux pesticides interdits en France : l’acétamipride et le flupyradifurone, dangereux pour les pollinisateurs. Le Parti animaliste demande le rétablissement de leur interdiction ; l’interdiction d’importer des produits issus de pays qui les utilisent encore, et un accompagnement des agriculteurs vers un modèle moins dépendant des intrants chimiques et de l’élevage intensif.
L’urgence n’est pas de revenir sur les interdictions
L’Assemblée nationale a adopté la loi d’urgence agricole. Le Parti animaliste regrette l’adoption de dispositions réintroduisant des pesticides interdits en France et réaffirme qu’une véritable politique agricole d’avenir doit accompagner les agriculteurs vers des modèles plus résilients et plus respectueux des animaux.
Alors que notre pays connaît des épisodes de canicule et des incendies d’une intensité inédite, le retour dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone constitue un signal préoccupant. Ces substances sont susceptibles d’affecter de nombreuses espèces animales, notamment les insectes pollinisateurs, essentiels à l’alimentation de nombreux autres animaux.
Présenter ces pesticides comme une réponse d’urgence revient à traiter les symptômes sans s’attaquer aux causes profondes des difficultés agricoles. Les agriculteurs subissent aujourd’hui les conséquences d’un modèle productiviste qui les place dans une concurrence internationale déloyale, tout en les rendant dépendants d’intrants chimiques toujours plus nombreux.
En faisant le choix de réintroduire des substances dont la dangerosité avait conduit à leur interdiction, la majorité des députés privilégie une réponse de court terme à une crise qui exige au contraire une transformation profonde de notre modèle agricole.
Cette dépendance aux intrants est également liée au développement d’un élevage intensif qui mobilise une part importante des terres agricoles pour produire l’alimentation des animaux. Une part considérable des cultures de céréales et d’oléoprotéagineux est aujourd’hui destinée à nourrir les animaux d’élevage plutôt que les êtres humains. Réduire progressivement cette pression permettrait de diminuer les besoins en pesticides, en irrigation et en ressources naturelles.
Le Parti animaliste refuse toutefois que la protection des animaux et de l’environnement serve de variable d’ajustement dans cette compétition économique. Si certaines substances sont jugées trop dangereuses pour être utilisées sur le territoire national, il est incohérent d’autoriser l’importation de produits agricoles issus de pays qui continuent à les employer.
Face à ces constats, le Parti animaliste propose :
- le rétablissement de l’interdiction de l’acétamipride et du flupyradifurone;
- l’interdiction d’importer des produits agricoles obtenus grâce à l’utilisation de substances interdites en France;
- un accompagnement renforcé des agriculteurs vers des pratiques agricoles compatibles avec la préservation des animaux, des pollinisateurs, des animaux sauvages et des ressources naturelles;
- un soutien prioritaire aux productions végétales destinées à l’alimentation humaine, moins consommatrices de ressources et moins génératrices de souffrances animales.
Des impasses agricoles, climatiques et animales
Le Parti animaliste s’oppose également aux dispositions favorisant le stockage massif de l’eau au bénéfice de certains modèles agricoles intensifs. Les mégabassines accentuent la pression sur les ressources hydriques, notamment pour soutenir des productions fortement consommatrices d’eau destinées à l’alimentation animale, fragilisent les écosystèmes et les animaux sauvages qui en dépendent, tout en retardant l’adaptation indispensable de l’agriculture aux nouvelles réalités climatiques.
Réintroduire des pesticides ou développer les mégabassines ne répond pas aux causes structurelles des difficultés agricoles. Ces mesures prolongent un modèle fondé sur des élevages intensifs qui mobilisent d’immenses surfaces agricoles pour produire l’alimentation animale, au prix d’une forte consommation de pesticides et d’eau.
Les pesticides, les mégabassines et l’élevage intensif sont trois conséquences d’un même modèle agricole. Le Parti animaliste propose un autre modèle.
« On ne prépare pas l’agriculture de demain avec les recettes qui ont créé les impasses d’aujourd’hui. Les agriculteurs ont besoin d’un cap clair pour accompagner la transition de notre modèle agricole, pas d’un retour en arrière qui reporte une nouvelle fois les changements devenus indispensables » , déclare Béatrice Canel-Depitre, coprésidente du Parti animaliste.
Construire l’agriculture de demain
L’urgence agricole ne consiste pas à restaurer les outils du passé. Elle consiste à construire un modèle agricole capable de nourrir durablement la population tout en respectant les animaux, les agriculteurs et les limites de la planète.
Les crises climatiques, sanitaires et écologiques que nous traversons montrent chaque jour davantage qu’il ne peut y avoir d’agriculture durable sans respect des animaux, des êtres humains et des ressources naturelles dont tous dépendent.
Le Parti animaliste continuera de défendre une agriculture respectueuse des animaux, des agriculteurs et des ressources naturelles, seule capable de répondre durablement aux défis climatiques, sanitaires et alimentaires du XXIe siècle. L’adoption de cette loi ne clôt pas le débat. Les crises climatiques de cet été montrent plus que jamais l’urgence de changer de modèle.
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Author: Parti animaliste
