L214 révèle les images de milliers de cadavres d’animaux enfouis suite à la canicule
Des milliers de cadavres d’animaux, morts étouffés par la chaleur caniculaire, enfouis à la pelleteuse dans une fosse géante. Ce sont les images exclusives révélées par L214 ce mardi 21 juillet, alors que le projet de loi d’urgence agricole vient d’être adopté à l’Assemblée nationale et s’apprête à être voté au Sénat. Ce texte vise à faciliter la construction d’élevages intensifs, ceux-là mêmes où des millions d’animaux ont succombé à la chaleur, révélant les limites de ce modèle.
Des milliers d’oiseaux enfouis dans une fosse
L214 diffuse ce mardi 21 juillet des images inédites filmées au drone : elles montrent l’enfouissement de milliers d’oiseaux dans une fosse située près de Petosse, en Vendée, le long de la RD 949 reliant Fontenay-le-Comte à Luçon. On y voit des cadavres de poules empilés, puis étalés à la pelleteuse et recouverts de chaux. Ces images ont été filmées entre le 4 et le 9 juillet.
Ces dernières semaines, des millions d’animaux, en particulier des oiseaux, sont morts étouffés par la chaleur. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a évoqué au Sénat un total de 9 127 tonnes d’animaux morts. Derrière cette communication en tonnes se cachent des millions d’individus sensibles qui ont agonisé dans d’atroces souffrances lors des pics de chaleur, pour la plupart enfermés dans des hangars devenus des étuves.
En réaction à cette surmortalité, les centres d’enfouissement réservés aux crises sanitaires ont été rouverts. La fosse de Petosse, initialement ouverte en mars 2022 en pleine crise d’influenza aviaire, était présentée à l’époque comme un dispositif temporaire pour répondre à l’urgence sanitaire. Quatre ans après son ouverture, elle est devenue un site d’enfouissement durable, alors qu’à ce jour les modalités de traitement ou d’évacuation des matières stockées restent encore indéfinies, révélant un manque total de planification.
Des conditions de vie suffocantes en élevage intensif
Ces hécatombes dans les élevages révèlent les limites du modèle intensif. Les conditions de vie dans les élevages intensifs aggravent le stress thermique des animaux : les fortes densités (jusqu’à 22 individus par mètre carré dans les élevages de poulets1) empêchent les animaux de lutter contre la chaleur. Entassés les uns sur les autres, les oiseaux ne peuvent par exemple pas étendre leurs ailes ou prendre des bains de poussière, et les cochons sont privés de bains de boue. Les poulets sélectionnés génétiquement pour grossir toujours plus vite produisent davantage de chaleur corporelle, ce qui les rend d’autant plus vulnérables aux pics de chaleur2.
L’élevage contribue largement au dérèglement climatique qui rend ces épisodes caniculaires toujours plus fréquents. C’est un cercle vicieux qui menace, à terme, les capacités productives agricoles elles-mêmes et la souveraineté alimentaire.
Loi d’urgence agricole : l’accélération du modèle intensif votée par les parlementaires
La nuit du mardi 21 juillet, les députés ont adopté le projet de loi d’urgence agricole à 296 voix pour de la part d’une majorité des députés d’Ensemble pour la République jusqu’à Horizons ainsi que par l’ensemble des députés de la Droite Républicaine au Rassemblement national, et 224 voix contre issues en majorité des députés du Nouveau Front Populaire (NFP). Ce mardi soir, ce sera au Sénat de se prononcer. Le texte adopté par les députés autorise la création par voie d’ordonnance d’un régime juridique spécifique à l’élevage, et vise notamment à faciliter la construction de 2 200 poulaillers intensifs, ceux-là mêmes où les animaux meurent par millions lors des canicules. Lors du vote, les surmortalités dans les élevages ont été évoquées par tous les groupes, mais seuls les députés du NFP ont lié ces difficultés à l’intensification des élevages.
Au-delà des mesures relatives aux élevages, le projet de loi introduit également des dispositions controversées sur la gouvernance de l’eau, prévoyant notamment le doublement des volumes stockés à des fins agricoles d’ici 2035. Or, environ 60 % des céréales produites en France servent à nourrir les animaux d’élevage plutôt que les humains3. À l’heure des tensions autour de la ressource en eau, il devient essentiel de prioriser l’usage des terres pour des cultures destinées directement à l’alimentation humaine. L214 soutient que la solution passe par la réduction de moitié du nombre d’animaux tués pour la consommation des Français d’ici 2030.
Pour Marie Waniowski, chargée des campagnes politiques nationales de L214 : « Ces mortalités en élevage ne sont pas des catastrophes naturelles : ce sont des choix qui découlent du modèle intensif. L’adoption du projet de loi d’urgence agricole qui vise à multiplier les élevages intensifs, en pleine réouverture des centres d’enfouissement de crise, comme la fosse de Petosse, est une aberration. Aucune ventilation, aucune brumisation ne mettra fin aux hécatombes dans les élevages lors des canicules : ce dont le modèle agricole a besoin, c’est d’une transformation structurelle vers la réduction du nombre d’animaux tués. Nous nous souviendrons des votes d’aujourd’hui, et en tiendrons responsables les candidats à l’élection présidentielle de 2027 qui disent vouloir agir pour les animaux. »
1 Directive 2007/43/CE du Conseil du 28 juin 2007 fixant des règles minimales relatives à la protection des poulets destinés à la production de viande, Journal officiel de l’Union européenne, 12 juillet 2017.
2 On dénombre 5 fois plus d’animaux haletants en fin de cycle d’élevage chez les souches à croissance rapide que chez celles à croissance lente d’après le rapport du Welfare footprint institute de 2022.
3 Réseau Action Climat, Élevage intensif & souveraineté : les limites du produire plus, 2025.
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Author: L214 Ethique & Animaux
