15 October 2026

Le courage d’une lionne, Corinne Teissier fondatrice de la kasba de Loulou

Le courage d’une lionne, Corinne Teissier fondatrice de la kasba de Loulou

Il y a des rencontres qui vous déplacent. Ma semaine à la kasba de Loulou en fait partie. Je m’appelle Alexia Schmitt, passionnée par les animaux, donatrice dans la protection animale et marraine de deux chats du refuge marocain ; j’y ai découvert un lieu où chaque urgence compte, où, chaque vie mérite d’être sauvée. Une vie dans laquelle, Corinne sa fondatrice ne baisse jamais  les bras. Je souhaite vous faire entendre sa voix et raconter son  combat.

Depuis quatorze ans, au Maroc, Corinne recueille les chiens et les chats que la rue, la maltraitance, la maladie ou les accidents ont  laissés sans défense. Son quotidien n’a rien d’un long fleuve tranquille : les appels au secours s’enchaînent, les soins s’accumulent, les factures également. Malgré la situation critique, Corinne et son équipe continuent.

Atteinte d’emphysème et privée de 60 % de son système respiratoire, elle a fait de la protection animale son combat, sa raison d’avancer. Après des années sur le terrain, elle a  fondé la kasba de Loulou en engageant ses propres moyens afin de donner une chance aux animaux laissés sur le bas-côté de l’existence.

Plus de mille chats et cinquante chiens ont déjà été secourus.  Dans son dispensaire, l’association prend également en charge les animaux blessés que les touristes ramènent. Elle organise des campagnes de stérilisation et accompagne les adoptions.

Le principe d’un sauvetage est de mettre à l’abri, nourrir, soigner, héberger et recommencer chaque jour, au total plus de dix mille euros mensuels sont nécessaires, couvrant les frais du refuge, les urgences et les factures vétérinaires. L’ association fait également partie du plan TNVR (capturer, stériliser, vacciner, relâcher). Devant toutes ces actions sans relâche, La kasba de Loulou a plus que jamais besoin de soutiens, de parrains et marraines, d’adoptants, de donateurs et de mécènes mais également de visibilité.

Comment peut-on détourner le regard devant un animal qui souffre, qui est abandonné ou encore en danger bien souvent en grande souffrance, malade, accidenté, handicapé ? Laisser une mère et ses petits dans la rue, un chaton ou un chiot orphelin désorienté, condamné…  Les animaux, les personnes bienveillantes à leurs égards, me donnent la force de ne jamais fléchir car chaque jour est un combat et un pas vers une victoire. Je passe beaucoup de temps aux côtés des parrains et marraines marocains de quartier. Leur dévouement pour toutes ces vies est honorable. Ils font un travail remarquable.

Lorsque je m’y suis installée pour raisons médicales, j’ai compris que ma place était aux côtés des animaux dans la détresse, fonder un lieu d’accueil, de soins, de protection, était naturel, telle une mission. Nous ne sommes jamais assez devant l’état choquant et préoccupant des animaux dans la rue. Bien des particuliers ne peuvent pas faire soigner leurs animaux, la misère est alarmante, la kasba de Loulou, permet à bon nombre d’entre eux de garder leurs animaux respectueusement (médical, alimentaire et conseils également). La création d’un dispensaire était fondamental. C’est ainsi que j’ai posé les fondations de la kasba de Loulou.

Trouver un lieu assez grand, l’adapter aux besoins des animaux du refuge, ce n’était pas simple, les loyers sont très onéreux et ne courent pas les rues.

Au Maroc, les perceptions sont  diverses et ne peuvent pas se résumer à une seule opinion. Nous  rencontrons des habitants très attachés aux animaux : certains leur  donnent à manger, leur offrent de l’eau ou cherchent de l’aide  lorsqu’ils sont blessés. D’autres, notamment lorsqu’ils ont été  confrontés à des chiens agressifs ou craignent les maladies, voient les  animaux errants comme un problème de sécurité et de salubrité. Ces  inquiétudes sont réelles et méritent d’être entendues, sans pour autant  oublier la vulnérabilité des animaux.

Les actions de protection animale sont parfois accueillies avec  reconnaissance, mais elles peuvent aussi susciter de l’incompréhension.  Certains se demandent pourquoi les associations recueillent et soignent  des animaux alors que les besoins humains sont nombreux, ou pensent  qu’un refuge ne fait que déplacer le problème. À La kasba de Loulou,  nous cherchons à montrer par des gestes concrets ce que signifie notre  engagement : secourir les chiens et les chats en détresse, les protéger, les soigner et leur offrir un cadre de vie digne. Le parrainage permet  aux habitants et aux soutiens de participer à leurs soins ; lorsque les  conditions le permettent, l’adoption leur donne aussi la chance de  connaître une nouvelle vie.

Nous croyons que le dialogue et la sensibilisation peuvent rapprocher  les points de vue. Protéger les animaux ne revient pas à nier les préoccupations des habitants : c’est aussi chercher des réponses humaines et responsables, qui prennent en compte à la fois la sécurité  des personnes et la protection des animaux. La situation et les opinions varient selon les villes et les quartiers ; nous parlons ici de ce que  nous observons dans notre engagement, et non d’une vision uniforme de la  population marocaine.

Plus de mille chats et plus de cinquante chiens, malheureusement devant la longue procédure sanitaire et administrative mais également onéreuse, les adoptions ne sont pas fréquentes. Il faut savoir que beaucoup d’abandons de chats sont causés par les étrangers qui rentrent en Europe. L’animal devient alors un ralentisseur, un « trop » qui n’a plus sa place. Les femelles sont abandonnées gestantes, malades, les mâles ne sont plus acceptés parce qu’ils marquent le territoire, les allergies sont devenues une excuse courante, l’adoption par les enfants du foyer est devenue une indésirable.

Les parrainages sont fondamentales, les dons, bien entendu un mécène serait le bienvenu car la situation financière est très basse, les frais sont conséquents, plus de dix mille euros servent à faire fonctionner le refuge. J’ai mis en route le système du teaming à 1 euro par mois, les dons libres et les parrainages. Je poste sur les réseaux dès que j’en ai le temps mais pour cette partie qui demande beaucoup, je ne suis pas aidée, je fais ce que je peux, je n’ai pas de web-master. Je ne peux pas me le permettre financièrement même si j’ai conscience que cela apporterait une immense aide et une belle visibilité.

Les journées sont très matinales, le nourrissage, le nettoyage, les visites vétérinaires, les secours dans la rue, imaginez 400 chats et presque 40 chiens à gérer au quotidien, ça en fait des repas, des traitements, des litières, des nettoyages… C’est également travailler avec les habitants, j’aimerais beaucoup que chacun d’entre eux, puisse mieux mesurer le temps, l’énergie et les ressources nécessaires pour prendre soin de tous ces animaux. Ils peuvent contribuer de nombreuses façons : en aidant sur le terrain, en soutenant les soins, en parrainant, en adoptant. Pour l’association, protéger les animaux, c’est à la fois leur porter secours et les soigner, mais aussi construire, avec la population, une réponse solidaire et respectueuse du vivant.  .

Chaque vie sauvée est une grande satisfaction, trouver comment boucler chaque dépense en est une autre, elles sont intrinsèquement liées. J’aimerais pouvoir en faire davantage, mais je reconnais mes limites et celle de mon refuge. Le plus douloureux c’est sans aucun doute de ne pas voir l’hémorragie ralentir son allure, peut-être que je ne la verrais jamais, mais j’ose y croire, car il y a de plus en plus de personnes engagées dans la protection du vivant cela signifie donc que le vivant commence à être considéré, c’est plutôt une bonne nouvelle, un premier grand pas.

Les frais vétérinaires. C’est vraiment l’urgence car l’association à plus de cinq mille euros à régler ce mois.

Nous leur répondrions que la multiplication des associations témoigne surtout de l’ampleur des besoins. Chaque refuge, chaque équipe et chaque personne engagée apporte une aide précieuse. Nous avons besoin de solidarité plutôt que de rivalité. La protection animale n’est pas une compétition : face à tant de détresse, les associations ont chacune leur histoire, leurs moyens et leur façon d’agir. À La kasba de Loulou, nous savons que nous ne pourrons pas sauver tous les animaux. C’est une réalité douloureuse, mais elle ne doit pas nous empêcher d’agir pour ceux que nous pouvons secourir. Sauver un animal, le soigner, le nourrir, lui offrir un abri et une vie digne, c’est déjà changer son destin. Nous ne prétendons pas avoir une solution à tout. Nous faisons de notre mieux, un animal après l’autre, et nous croyons que chaque geste compte. L’impossibilité de sauver tout le monde n’enlève rien à la valeur de ceux que l’on parvient à protéger.

https://www.helloasso.com/associations/la-kasba-de-loulou/formulaires/2

https://www.youtube.com/@corinneteissier5599


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Author: Alexia Schmitt