Descente des Alpages à Grenoble : les animaux ne sont pas des décorations. Il est temps de faire évoluer nos traditions
À l’occasion de la Descente des Alpages organisée samedi 10 octobre à Grenoble, Sandra Krief, co-présidente du Parti animaliste, dénonce la place accordée aux animaux dans cette manifestation populaire.
« Ce que j’ai vu samedi m’a profondément choquée. Des animaux décorés de fleurs, exposés au milieu de la foule et dans le vacarme, touchés et sollicités en permanence par des visiteurs qui les considèrent comme une attraction. Un animal n’est ni un objet de décoration, ni un outil de communication, ni un divertissement. C’est un être sensible, qui a des besoins propres et dont nous devons respecter l’intégrité et la tranquillité » déclare Sandra Krief.
Le Parti animaliste ne remet pas en cause l’attachement des Grenobloises et des Grenoblois à leur territoire, à la montagne et à son patrimoine. Il refuse en revanche que la tradition constitue un argument suffisant pour maintenir des pratiques qui font passer le spectacle avant la prise en compte des animaux.
La présence d’animaux au cœur d’une manifestation urbaine, au milieu du bruit, des sollicitations et des interactions répétées avec le public, pose une question essentielle : avons-nous réellement besoin d’exposer des animaux vivants pour transmettre une culture et célébrer un territoire ?
« Nous pouvons faire découvrir la montagne, raconter son histoire, valoriser les paysages, les savoir-faire, les métiers et les réalités du pastoralisme sans faire des animaux les acteurs contraints d’un spectacle dans lequel ils jouent les esclaves. Une tradition n’est pas figée : elle doit pouvoir évoluer avec notre connaissance des animaux et notre exigence éthique. Respecter un patrimoine, ce n’est pas renoncer à le faire vivre autrement », poursuit Sandra Krief.
Le Parti animaliste appelle à faire évoluer la Descente des Alpages
Le Parti animaliste demande que les prochaines éditions privilégient une manifestation sans exposition ni défilé d’animaux vivants, et propose des alternatives concrètes :
- Des expositions photographiques et audiovisuelles permettant de découvrir les animaux dans leur environnement naturel, sans les soumettre à l’agitation d’un événement urbain.
- Des rencontres et conférences consacrées à la montagne, aux animaux et aux réalités de l’exploitation animale, pour transmettre des connaissances plutôt que mettre en scène des êtres sensibles et conscients.
- La valorisation des paysages, des artisans, des savoir-faire et des acteurs du territoire, dans le respect de l’éthique animale, afin de préserver la dimension populaire et culturelle de la manifestation.
- Une évolution de la programmation gastronomique, pour faire découvrir la richesse culinaire végétale, sans faire de l’exploitation des animaux le cœur de la célébration.
« Nous devons sortir de cette idée selon laquelle il faudrait nécessairement montrer, manipuler ou utiliser les animaux pour apprendre aux enfants à les connaître. Le respect commence précisément lorsque nous acceptons de les observer autrement, sans leur imposer notre présence ni nos attentes. Les enfants méritent d’apprendre à reconnaître les animaux comme des êtres sensibles, et non comme des attractions à leur disposition. Là commence l’enseignement au respect du consentement et du non-harcèlement », souligne Sandra Krief.
Pour le Parti animaliste, la condition animale ne doit plus être reléguée au second plan au nom des habitudes ou de l’attractivité touristique. Elle doit devenir un critère à part entière dans les choix culturels et événementiels des collectivités.
« Faire évoluer la Descente des Alpages ne signifie pas effacer notre histoire. Cela signifie choisir ce que nous voulons transmettre aux générations futures : une tradition qui utilise les animaux pour faire la fête, ou une société qui sait célébrer son patrimoine sans oublier les êtres vivants qui en font partie. Nous pouvons préserver l’identité alpine tout en faisant progresser notre considération pour les animaux. C’est ce changement que nous défendons » conclut Sandra Krief.
Le Parti animaliste appelle les organisateurs et les collectivités partenaires à engager dès maintenant une réflexion sur une Descente des Alpages sans animaux vivants exposés au public, afin de construire une manifestation exemplaire en matière de respect des animaux.
Crédit photo : Sandra Krief
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Author: Parti animaliste
