Triste saison automnale pour les non-chasseurs
Ce 27 septembre 2026 a été la dernière journée « d’ouverture générale » de la saison cynégétique 2026-2027 en France métropolitaine qui va durer jusqu’au printemps prochain.
La Nature est donc sous le joug et les godillots des chasseurs, tueurs de faune sauvage et responsables des dommages collatéraux : « accidents » de chasse, « incidents » de chasse, mises en danger, risques pour les riverains et les promeneurs, remarques sexistes et misogynes, appropriations des espaces publics, menaces, nuisances diverses de voisinage, etc…
Alors que les médias n’ont pas cessé de faire la propagande de ce loisir de mort durant tout le mois de septembre, les chasseurs, ayant pourtant plusieurs médias cynégétiques spécialisés, n’ont pas supporté que Midi Libre ne soit pas à leur entier service en voulant donner la parole à ceux qui subissent des nuisances de la chasse. C’est de la censure !
Par ailleurs, les nombreuses demandes citoyennes de sécurité, de report, de moratoires pour préserver l’environnement ayant tant souffert de la canicule, de la sécheresse et des incendies, sont restées vaines. C’est le déni démocratique !
Les autorités ministérielles et préfectorales sont, comme d’habitude, au service des lobbies du plaisir de tuer des êtres vivants, au mépris de la sécurité d’autrui.
Les citoyens aimant observer les animaux sauvages vivants sont ignorés et méprisés.
Ces faits devraient permettre aux citoyens d’ouvrir les yeux sur une réalité : l’incapacité de certains à évoluer, à s’adapter, à modifier des systèmes dévastateurs du Vivant, incapacité qui va impacter toute la population irrémédiablement.
A chacun d’en tirer les conséquences et d’agir pour préserver ce qui peut l’être, individuellement et collectivement.
Ouverture de la chasse
Tous les médias ont fait la propagande de la saison cynégétique avec les dates d’ouverture de la chasse, les copains de chasse qui se retrouvent, les armes qui se préparent et toute imagerie favorable à ceux qui se préparent à tuer les animaux sauvages et à rendre invivable l’environnement pour de nombreux riverains et promeneurs.
De plus en plus détestés, les chasseurs tentent de redorer leur image avec des propos fallacieux sur la sécurité ou le respect des autres. On a ainsi pu lire des communiqués de presse de certaines mairies laissant croire au respect des non-chasseurs et de leur sécurité mais clôturant leur propos par une phrase explicite telle que « bonne saison de chasse ». Le parti pris est évident.
Voici par exemple ce communiqué :
« …À l’approche de cette période, nous invitons chacun à faire preuve de vigilance, de respect et de bienveillance lors de ses déplacements dans les espaces naturels de la commune…
Bonne saison à l’ensemble des chasseurs de la commune, et bonne promenade à toutes et tous ! »
D’autres maires font la liste de tout ce que les non-chasseurs doivent faire sans aucun mot sur les obligations légales de sécurité des chasseurs, en voici un exemple :
Promeneurs merci de : rester sur les sentiers balisés ; porter un gilet fluo ou des vêtements colorés est un plus pour votre sécurité ; tenir impérativement vos chiens en laisse ; respecter les panneaux « Chasse en cours » signalant une action de chasse.
Pour connaître les zones chassées et non chassées selon les dates, vous pouvez consulter le site ou l’application Chasseco.
Merci à tous de respecter ces consignes afin que chasseurs et promeneurs puissent profiter de la nature en toute sécurité et dans le respect de chacun. »
Si un promeneur ne porte pas un vêtement coloré sera-t-il considéré par ce maire comme responsable du tir du chasseur sur lui ?
Que veut dire « respectez les panneaux chasse en cours » ? s’enfuir en courant ? par où ? faire demi-tour en voiture sur la route ?
Si un promeneur n’a pas le téléphone adéquat pour l’application, va-t-il être responsable du tir de chasse sur lui ? Ou s’il y a une zone blanche, est-ce l’opérateur téléphonique qui va être mis en cause en cas d’accident de chasse pour avoir empêché une information ? https://www.facebook.com/mathieumadenian/videos/toi-aussi-tu-te-baisses-videodrole-humour-chasse-chasseur-sketch/757301264092172/
On pense à Joël, tué dans sa voiture par un tir à 600 mètres en direction d’une route nationale ayant traversé 2 rangées de végétations.
On voit apparaître sur les réseaux sociaux des créations de contenus qui diffusent la propagande cynégétique insidieusement au milieu d’autres contenus sur des sujets moins clivants comme les commerces, l’alimentation, la mise en valeur d’un territoire, mais tous les lecteurs ne seront pas dupes !
Le mépris envers les non-chasseurs par ces élus, les médias et les autorités est sidérant.
La saison cynégétique empoisonne l’Automne et la vie de millions de citoyens privés d’activités essentielles à leur santé : sortir dans leur jardin et dans les espaces publics en toute sécurité et en toute tranquillité.
Septembre est affiché comme une saison cynégétique, une saison de la chasse par les médias complices des chasseurs et cette appropriation est scandaleuse puisqu’au profit d’une minorité qui empoisonne la vie des autres.
Septembre est une saison automnale.
Accidents, incidents, mises en danger par la chasse
La propagande des chasseurs et leurs complices ne peut pas cacher la réalité des faits, la saison des accidents et incidents de chasse a déjà commencé :
Menaces de tir au fusil chargé de gros sel le 13 septembre,
Tir dans la fenêtre d’une chambre le 17 septembre,
Tir dans une maison le 19 septembre,
Tir au-dessus d’une famille le 27 septembre,
Tir dans une voiture blessant un passager le 27 septembre,
Sans compter les blessés parmi les chasseurs également incapables d’assurer leur propre sécurité en action de chasse !
L’OFB rappelle que dans son bilan de la saison 2025-2026 ont été recensé 92 accidents de chasse, dont 4 mortels et 122 incidents, c’est-à-dire des dégâts matériels (habitations, véhicules) ou des blessures d’animaux domestiques, sans blessure corporelle. [1]
Ce bilan ne recense pas les faits passé inaperçus, non signalés, sans preuve matérielle et tous ceux tus par peur de représailles !
Les articles du média-U Trail expliquent très clairement ce qu’est la mise en danger de la vie d’autrui, sa réalité n’a rien à voir avec un sentiment d’insécurité élément de langage des chasseurs pour minimiser les risques réels.
Le partage de la Nature n’est pas équilibré lorsque l’un des deux est armé, le rapport de force est déjà installé, la présence d’une arme change la situation.
Le promeneur n’a aucun pouvoir sur le tir qui ne dépend que du seul tireur : un projectile peut dévier, ricocher ou poursuivre sa trajectoire beaucoup plus loin que ce que perçoit le promeneur qui se trouve dans le secteur.
La peur n’est pas irrationnelle quand les autres ont des fusils ! Les promeneurs subissent un risque qu’ils n’ont pas choisi alors qu’ils ont droit de circuler sur les chemins ouverts au public. [2]
Simon, le genou explosé par un tir de chasse, l’explique dans cette vidéo bouleversante :
Le partage de la Nature n’existe pas, c’est toujours au détriment des autres activités et au seul profit de la chasse, comme par exemple cette annulation au dernier moment d’une compétition sportive où 1200 participants étaient inscrits. [3]
Partout il est demandé aux promeneurs, aux sportifs, aux riverains d’assurer leur sécurité en renonçant à leur loisir, leurs activités, leurs déplacements et même de rentrer dans leur maison et ne pas rester dans leur jardin !
Censure cynégétique
Les chasseurs accaparent l’espace médiatique en usant et abusant des articles sur leur loisir qui ne concerne qu’une minorité de pratiquants mais dont les nuisances sont énormes pour les autres.
Midi Libre a lancé un appel à témoignage, comme il le fait sur de nombreux sujets. [4]
Pour la chasse il y a eu un tollé de la part des chasseurs. C’est très inquiétant car il s’agit de censure. La censure est la limitation de la liberté d’expression par un pouvoir.
Des autorités cynégétiques se sont offusquées qu’un média, non inféodé à la chasse apparemment, puisse proposer à des victimes de nuisances dues à la chasse de s’exprimer.
Deux courriers de deux fédérations de chasseurs ont été adressés le 23 septembre au directeur de la rédaction pour se plaindre et demander plus d’impartialité, avec copie au président du groupe de presse, au préfet et à la chambre d’agriculture, avec en plus un appel au boycott de Midi Libre.
On est bien d’accord avec l’impartialité : on voudrait pour chaque article publié à propos de la chasse, l’avis d’une victime de la chasse et l’avis d’un opposant à la chasse, a minima.
Si on s’en tient aux statistiques si souvent invoquées par les chasseurs, les non-chasseurs étant beaucoup plus nombreux, ils subissent des risques beaucoup plus importants, la parole devrait leur être donnée beaucoup plus souvent qu’aux chasseurs.
Et, ceci pour tous les médias. Ils peuvent déjà s’appuyer sur le bilan de l’OFB recensant les victimes. Le respect de la parole des victimes permettra sans aucun doute de libérer la parole de tous les invisibles si des protections sont assurées pour éviter les représailles y compris sur les réseaux sociaux.
Ainsi, pour ces chasseurs, il y aurait un parti pris par Midi Libre, quelle ineptie puisqu’on y peut lire de très nombreux articles sur la chasse, en faveur de la chasse, comme cet article.
Les chasseurs ont l’indignation sélective, uniquement dans leurs seuls intérêts privés !
La réaction de Midi Libre sera intéressante à observer : quelle va être leur liberté d’expression et journalistique, leur position par rapport à la censure exigée par des gens armés alors que nous ne sommes pas en guerre !
Désinformations cynégétiques
Les médias relaient les propos des autorités cynégétiques totalement incohérentes, sans aucune critique :
Cette fédération de chasseurs nous raconte une histoire :
L’impact des canicules n’a pas eu forcément un gros impact sur les populations d’animaux.
Nous avons un réseau de personnes qui collecte des infos sur la mortalité des espèces. Et le constat révèle qu’il n’y a pas eu de mortalité dite “anormale”. Les chasseurs ont créé des points d’eau pour la faune sauvage qui s’est déplacée en nombre, caméras à l’appui. Les canicules ont cependant eu un impact sur la taille et le poids des petits, notamment ceux des chevrettes et des biches. En l’absence de nourriture verte, le lait a été de moins bonne qualité. Résultat, une croissance plus délicate », explique Jérôme Raclin.
La répétition des chaleurs excessives a apparemment eu raison de nombreux jeunes oiseaux. L’assèchement de tous les cours d’eau a également poussé certaines espèces à quitter leur territoire augmentant leur mortalité.
Cette association de chasse agréée nous raconte une autre histoire.
Le président de l’ACCA est catégorique “il y a un drame faunistique avéré”, « un effondrement du petit gibier. »
Des discours cynégétiques confus, voulant préserver leur loisir mortel pour éviter tout report de l’ouverture de la chasse !
Des animaux sous-alimentés, morts de chaud, ayant quitté leur territoire mais tout va bien Madame la marquise, on tue et on verra plus tard s’il en reste. Ils ont donné de l’eau cet été pour mieux tuer cet automne.
La préservation, la protection, la prévention, n’ont aucun intérêt pour ces tueurs du Vivant.
Certains responsables cynégétiques reconnaissent que « l’ouverture de la chasse » c’est pour le petit gibier puisque la chasse au gros gibier est ouverte depuis le 1er juin sans compter les autres dates selon les espèces.
Cette mascarade d’ouverture générale laisse croire à une saison cynégétique restreinte sur quelques mois alors que c’est toute l’année et, là encore les médias relaient ces éléments de langage et ces désinformations.
Septembre est la saison des lâchers de gibiers d’élevage.
Pour la sécurité à la chasse, c’est un florilège d’articles plus inutiles les uns que les autres, ne comportant que des éléments de langage rhétoriques sur une prétendue sécurité de la chasse censée rassurer les promeneurs.
Chacun pourra apprécier la sécurité à la chasse expliquée dans cet article.
Aucun article de presse n’explique clairement les mesures de sécurité imposées aux chasseurs pour la sécurité des non-chasseurs.
La formulation très vague des communiqués de presse cynégétiques laisse peu de place au doute : en 2026 les chasseurs n’ont aucune nouvelle obligation pour la sécurité des non-chasseurs !
La Cour des comptes signalait en 2023 la faiblesse des obligations des SDGC (schéma départemental de gestion cynégétique) en demandant des mesures urgentes. Aucun média n’informe sur le renforcement de la sécurité envers les non-chasseurs dans tel ou tel département.
Morgan a été tué dans son jardin par une chasseur bien au courant des règles de sécurité puisqu’il venait de passer son permis.
Mélodie a été tuée sur un chemin touristique par une chasseuse bien informée des règles de sécurité puisqu’elle avait passé récemment son permis.
Joël a été tué sur une route nationale par un chasseur très expérimenté, policier à la retraite.
Malgré les nombreux accidents et incidents de chasse recensés durant ce mois de septembre 2026, rien ne change, comme le démontre le tir sur Simon, 25 ans, le genou explosé par un chasseur en novembre 2025.
Autre situation sidérante : l’utilisation d’un fusil de chasse sur une route urbaine très fréquentée de Châteauroux (36). Pour une fois qu’un procureur considérait la mise en danger avérée, le tribunal relaxe ce chasseur. Espérons que le parquet fera appel, sinon quel signal cette impunité donne t’elle aux chasseurs : qu’ils peuvent poursuivre leur chasse sur la voie publique, en zone urbaine, longtemps après leur battue, sans gilet fluo permettant de les identifier, avec un risque de ricochets vers les automobilistes, vers les infrastructures voisines, risques beaucoup plus grave qu’un risque de dégâts de carrosserie par cet animal perdu en ville car ayant fui les chasseurs !
Lorsque le comportement des chasseurs met en danger la vie des autres utilisateurs de l’espace public, la remise en cause de la chasse dans son ensemble est nécessaire. Il ne s’agit plus de comportements individuels mais d’un système tout entier favorisant ce type de comportements avec des armes létales, les ricochets étant tout aussi mortels pour leurs victimes !
Il serait temps de s’intéresser à la chasse-loisir dans son ensemble et aux causes générant les nuisances. La gestion par les chasseurs de la faune sauvage, de la chasse, de la police de la chasse ne fonctionne pas.
Les chasseurs ne servent à rien pour la prévention des accidents et incidents de chasse. Ils défendent leurs seuls intérêts privés et ne s’offusquent que du braconnage ou de l’atteinte à leur image mais pas de leurs nuisances envers autrui.
Les chasseurs n’ont qu’un seul objectif : continuer leur loisir mortel.
Des institutions indépendantes deviennent une nécessité vitale pour la population humaine et pour la préservation de la biodiversité.
Actions, réactions
Des élus, des associations, des collectifs de citoyens, des particuliers ne veulent plus être soumis aux lobbies de la chasse qui mettent en danger la vie des autres et qui ponctionnent l’argent public pour le plaisir de tuer.
Certains chasseurs tentent aussi d’agir, en vain : un président d’une fédération des chasseurs veut maintenir l’interdiction d’agrainage des sangliers inscrite dans le SDGC, mais les chasseurs s’y opposent : « “On ne peut pas entretenir des populations qui sont en abondance”. [5]
Faire proliférer les sangliers a des conséquences sur le financement des dégâts aux cultures et l’argent public ne peut plus être utilisé pour la chasse-loisir qui a besoin de sangliers à tuer, le petit gibier ayant disparu.
A chacun de s’intéresser à l’utilisation des millions d’euros d’argent public versé entre 2023 et 2026 dans son département pour la réduction des dégâts agricoles.
Des élus agissent pour l’intérêt général en faveur de la population et de la biodiversité, en prenant diverses décisions, notamment :
-interdiction de la chasse dans les forêts communales, interdiction de la chasse par arrêté de police générale de sécurité publique dans les zones à risques (donc y compris dans les propriétés privées), demande au préfet de dissolution d’une association de chasse suite à un accident de chasse ;
-interdiction de destruction des ESOD dans les parcelles communales, demandes au préfet de sortir les ESOD de la liste des espèces à tuer, demandes de report d’ouverture de la chasse, demande de moratoires pour les espèces en danger, demande de révision de plan de chasse.

Les médias ne communiquent quasiment pas sur ces décisions préférant faire la propagande d’un loisir mortel.
Les associations et des particuliers engagent des actions en justice difficiles à mener puisque le cadre légal protège ce loisir mortel.
Les législateurs sont plus enclins à pénaliser les non-chasseurs et les opposants aux chasses cruelles et de loisir qu’à protéger le public et la biodiversité.
Des actions collectives existent, organisées par les associations et collectifs de citoyens : pétitions, marches, courriers aux ministres, courriers aux préfets.
Cette mobilisation générale démontre la forte demande citoyenne et une nécessaire évolution pour le respect de la démocratie.
Après les nombreuses actions depuis le début de l’année 2026 et particulièrement suite aux évènements climatiques, des manifestations vont avoir lieu cet automne partout en France, certaines soutenues par plus de 50 associations et plus de 520000 citoyens.
La chasse n’a rien de poétique, c’est une guerre en temps de paix :
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il a deux trous rouges au côté droit.
Extraits du poème Le Dormeur du Val d’Arthur RIMBAUD.
[1]https://ofb.gouv.fr/actualites/chasse-ofb-mobilise-pour-une-pratique-sure-et-durable
[2]https://www2.u-trail.com/la-chasse-ca-va-pas/
[3]https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/le-trail-de-nostang-annule-en-catastrophe-en-raison-dune-battue-administrative-755f47ea-bbea-11f1-81a4-4fea3020cab7
[4]https://www.midilibre.fr/2026/09/18/appel-a-temoignages-vous-ne-supportez-plus-la-chasse-pres-de-chez-vous-il-y-a-des-tensions-dans-votre-village-racontez-nous-13557698.php
[5]https://www.petitbleu.fr/2026/09/29/on-ne-peut-pas-entretenir-des-populations-qui-sont-en-abondance-malgre-le-vote-des-chasseurs-contre-linterdiction-de-lagrainage-un-president-continue-13574402.php
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Author: Des citoyens non-chasseurs

