Un important réseau de captures et de ventes illégales d’oiseaux protégés, démantelé au Mans
La cour d’appel d’Angers examinera, le jeudi 1er octobre 2026 à 13h30, une affaire de trafic d’oiseaux protégés. En novembre 2024, neuf personnes avaient été interpellées dans plusieurs départements pour des faits de capture, de détention et de vente d’espèces protégées, mettant au jour un important réseau.
L’Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d’utilité publique et représentée par Maître Patrice GRILLON, s’est constituée partie civile à l’audience de ce jeudi 1er octobre 2026 à 13 h 30 devant la cour d’appel d’Angers, dans une affaire de trafic d’oiseaux protégés. Le réseau capturait et revendait des espèces particulièrement recherchées pour leur plumage et leur chant, alimentant ainsi un trafic parfaitement illégal.
C’est un couple (42 et 33 ans) domicilié au Mans (Sarthe) qui est considéré comme étant au cœur du réseau.
En 2023, l’Office français de la biodiversité (OFB) avait été alerté par des annonces de vente d’oiseaux protégés publiées sur les réseaux sociaux et avait débuté une série d’investigations. Les autorités mettent alors au jour un important réseau et remontent jusqu’à un couple disposant notamment d’un terrain à la campagne permettant la capture clandestine d’oiseaux sauvages.
Chardonnerets élégants, linottes mélodieuses, bouvreuils pivoines, mais aussi tarins des aulnes, serins cinis et verdiers d’Europe étaient notamment recherchés pour leur plumage et leur chant. Les investigations de l’Office français de la biodiversité et des gendarmes ont démontré que les personnes impliquées prenaient de nombreuses précautions pour dissimuler leurs activités.
Le couple avait développé un important réseau avec l’aide de complices aux profils très différents qui, selon le parquet du Mans, ne manquaient pas d’étonner : retraités, fonctionnaire, mère de famille sans emploi permanent ou encore chirurgien dans un hôpital public.
Trafiquants et acheteurs utilisaient notamment des pseudonymes sur Internet et achetaient en ligne du matériel destiné à la capture et à la détention des oiseaux. Selon le parquet, beaucoup avaient en commun le « plaisir de détenir des oiseaux en cage ».
Face à l’ampleur du réseau, les enquêteurs ont employé des moyens habituellement mobilisés dans les enquêtes de criminalité organisée : surveillances physiques, interceptions téléphoniques, géolocalisation, mais également investigations bancaires et patrimoniales.
Le 12 novembre 2024, une vaste opération est menée simultanément dans plusieurs départements, notamment en Sarthe, dans l’Orne, en Loire-Atlantique, dans le Maine-et-Loire et dans la Nièvre. Neuf personnes sont interpellées et quatre placées en garde à vue. Au total, 44 oiseaux appartenant à différentes espèces protégées, dont 32 chardonnerets élégants, ainsi qu’une tortue protégée sont saisis. Une grande partie des oiseaux pourra finalement retrouver la liberté.
Les investigations ont également permis de découvrir de nombreux matériels de capture, principalement des filets. Selon l’OFB, les oiseaux étaient capturés sur plusieurs sites, notamment dans une friche industrielle du Mans et sur un terrain de loisir appartenant au couple.
Jugés en première instance le 11 juin 2025 au Mans, les trois principaux prévenus ont été condamnés à des peines de 12 mois et 6 mois de prison avec sursis. Le terrain utilisé pour capturer les oiseaux a par ailleurs été confisqué au profit de l’État. Les prévenus ayant fait appel, l’affaire est désormais portée devant la cour d’appel d’Angers.
Une pratique alarmante et loin d’être isolée en France
Cette affaire est loin de constituer un cas isolé. Le trafic d’oiseaux sauvages, et particulièrement celui du chardonneret élégant, continue de sévir en France. Très recherché pour son chant et son plumage, ce petit passereau protégé paie un lourd tribut au braconnage : selon l’Office français de la biodiversité, sa population a diminué d’au moins 30 % en dix ans.
« Non seulement illégales, ces captures à but de ventes clandestines sont extrêmement dangereuses pour les oiseaux visés », dénonce Stéphane Lamart, président et fondateur de l’association.
« Filets, pièges ou glu exposent les oiseaux sauvages à des blessures, à un stress considérable et parfois à la mort durant leur capture ou dans les premiers temps de leur captivité. De tels braconnages ne peuvent plus exister en France. Si on laisse agir sans des sanctions exemplaires, c’est l’environnement tout entier que l’on abandonne à la menace de trafics malveillants. »
Ces techniques peuvent également frapper indistinctement d’autres espèces : serins cinis, tarins des aulnes, verdiers d’Europe ou pinsons des arbres deviennent alors les victimes collatérales d’un trafic qui ne menace pas seulement quelques individus, mais contribue à fragiliser des populations sauvages déjà en déclin.
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Author: Association Stéphane Lamart
