29 September 2026

Une chatte arrive dans un état dramatique dans une clinique vétérinaire près de Lille : son propriétaire est finalement accusé de sévices à caractère sexuel

Une chatte arrive dans un état dramatique dans une clinique vétérinaire près de Lille : son propriétaire est finalement accusé de sévices à caractère sexuel

La cour d’appel de Douai (Nord) examinera, le mardi 29 septembre 2026 à 14 heures, une sordide affaire de sévices graves infligés à une chatte à Haubourdin, près de Lille.  

L’Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux », reconnue d’utilité publique et représentée par Maître Patrice GRILLON, s’est constituée partie civile dans cette affaire concernant des sévices graves infligés à une chatte ainsi que les conditions de détention particulièrement préoccupantes de nombreux autres félins.

Un homme de 56 ans, domicilié à Haubourdin, dans la métropole lilloise, contacte les urgences vétérinaires le 9 août 2022. Sa chatte Permafrost est alors grièvement blessée. Il explique que l’animal souffre d’une éventration et que ses entrailles ressortent sur une dizaine de centimètres.

Au cours de cet appel, l’homme finit par mettre en cause son propre frère, qu’il accuse d’avoir commis des actes zoophiles sur Permafrost, avec la complicité présumée de leur mère, qui aurait maintenu l’animal.

Mais l’enquête va progressivement faire basculer les soupçons vers celui qui se présentait initialement comme le propriétaire ayant signalé les faits.

Quelques jours après cet appel, l’homme conduit lui-même Permafrost dans une clinique vétérinaire de la métropole lilloise, en se présentant sous un faux nom. La chatte présente alors des lésions particulièrement graves : déchirure utérine, dilatation vulvaire et prolapsus vaginal. Le rapport vétérinaire conclura que ces lésions peuvent être compatibles avec des sévices sexuels de type pénétration vaginale.

Les enquêteurs établissent par ailleurs que l’appel initial aux urgences vétérinaires a été passé depuis le téléphone du propriétaire. Sa mère reconnaît également sa voix sur l’enregistrement, alors que celui-ci nie être l’auteur de l’appel.

L’enquête conduit finalement les forces de l’ordre au domicile d’Haubourdin. De nombreux chats y sont découverts dans des conditions particulièrement préoccupantes. Lors de son procès en septembre 2023, il est notamment reproché au prévenu d’avoir détenu 21 chats dans des endroits clos, insalubres, sans lumière et sans soins.

Les animaux présentent des conditions de vie inquiétantes : absence de soins vétérinaires, présence de parasites, insalubrité et confinement. Les animaux sont finalement saisis sur ordre du parquet.

Quant à Permafrost, âgée de 17 ans, la gravité de ses blessures et sa prise en charge tardive ne permettent pas de la sauver. Elle décède quelques jours après son arrivée au centre vétérinaire.

Le propriétaire, qui avait initialement accusé son frère et sa mère, se retrouve ainsi lui-même devant le tribunal correctionnel de Lille. Il nie les faits qui lui sont reprochés et maintient notamment avoir retrouvé sa chatte blessée après qu’elle serait sortie de son domicile.

Le 28 septembre 2023, le tribunal correctionnel de Lille le condamne à dix mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, notamment pour les sévices infligés à Permafrost.

Cette affaire illustre une nouvelle fois l’importance de prendre au sérieux tout signalement faisant état de violences sexuelles commises sur un animal, y compris lorsque les circonstances rapportées apparaissent particulièrement inhabituelles.

« Tout acte de torture et de barbarie sur un animal est un acte grave, mais les atteintes sexuelles sur les animaux semblent encore aujourd’hui demeurer un sujet tabou et particulièrement difficile à appréhender.

Face à des blessures d’une telle gravité, chaque signalement doit donner lieu aux vérifications nécessaires afin de protéger immédiatement les animaux susceptibles d’être en danger », rappelle Stéphane Lamart.

L’Association Stéphane LAMART rappelle que les atteintes sexuelles commises sur les animaux ne constituent pas de simples « déviances », mais des infractions pénales à part entière. Depuis la loi du 30 novembre 2021, les atteintes sexuelles sur un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité constituent un délit spécifique, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Les peines sont portées à quatre ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende lorsque les faits sont notamment commis en réunion ou par le propriétaire ou le gardien de l’animal.

La justice française a depuis prononcé plusieurs condamnations significatives. En juin 2026, le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a notamment condamné à 30 mois de prison ferme un homme de 19 ans reconnu coupable d’atteintes sexuelles répétées sur plusieurs chèvres d’une ferme pédagogique. Une décision qui rappelle la gravité avec laquelle de tels actes peuvent désormais être sanctionnés par les juridictions françaises.

Photo d’illustration


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Author: Association Stéphane Lamart