3 April 2026

Quand un cheval meurt, que vivent les autres ? Ce que révèle l’éthologie sur la réaction des congénères

Quand un cheval meurt, que vivent les autres ? Ce que révèle l’éthologie sur la réaction des congénères

Lorsqu’un cheval meurt, l’attention se porte le plus souvent sur son propriétaire.
Mais une question reste largement absente dans l’espace médiatique : que se passe-t-il pour les autres chevaux du groupe ?

Sur le terrain, de nombreux témoignages font état de réactions inhabituelles après la disparition d’un cheval.
Certains congénères sont décrits comme plus agités, avec des hennissements répétés, une attention marquée aux lieux fréquentés par le cheval disparu, ou une difficulté à s’éloigner du reste du groupe. D’autres, au contraire, semblent se mettre en retrait, mangent moins ou présentent une forme d’apathie inhabituelle dans les jours, voire les mois qui suivent.

« Lorsqu’on observe les chevaux sur la durée, la perte d’un individu n’est jamais totalement anodine », explique Hélène Roche, éthologue spécialisée en comportement équin.
« Ce sont surtout les changements par rapport au comportement habituel du cheval qui interpellent. », précise l’éthologue. « Plus on connaît son cheval, plus on est à même de repérer ce qui devient inhabituel. »

Longtemps considérées comme anecdotiques, ces réactions commencent aujourd’hui à être étudiées par les scientifiques.

En 2025, une première publication scientifique internationale (“Grief-like distress responses in horses after the death of a conspecific”) a mis en lumière des réactions de détresse « comparables à un chagrin » chez les chevaux, sur la base de plus de 300 témoignages recueillis. Les résultats montrent notamment :

– une diminution du sommeil et de l’alimentation dans les heures suivant le décès
– des modifications dans les interactions sociales
– une sensibilité accrue à l’environnement
– dans certains cas, des changements persistants plusieurs mois après la perte

Même si la recherche reste prudente, et que ces observations ne concernent pas la majorité des individus, ces données confirment que la disparition d’un congénère peut clairement affecter le bien-être du cheval restant.

« En sciences, actuellement, l’idée que les animaux puissent traverser un deuil n’est pas encore pleinement admise, même si de plus en plus de recherches se penchent sur le sujet » rappelle Hélène Roche.
« En revanche, tout indique que la perte d’un congénère peut provoquer une forme de détresse, dont l’intensité varie selon l’individu, son histoire, sa personnalité et son environnement. »

Certains chevaux semblent particulièrement marqués lorsqu’ils vivent une première confrontation à la mort, tandis que d’autres réagissent différemment après plusieurs expériences. « Il ne s’agit pas d’anthropomorphisme, mais de reconnaître que les chevaux sont des êtres sensibles, dotés d’émotions et de relations sociales complexes. »

Lorsque cela est possible, de nombreux vétérinaires recommandent aujourd’hui de laisser les congénères accéder au corps du cheval décédé.

« Dans la nature, les chevaux sont confrontés à la mort. Faire disparaître un individu sans explication peut générer une incompréhension et du stress », explique l’éthologue.

Cette étape peut parfois limiter certaines réactions, même si chaque situation reste différente.

C’est dans ce contexte que Horsia, service funéraire équin du groupe Veternity, accompagne depuis plus de 15 ans les propriétaires souhaitant offrir à leur compagnon un dernier hommage respectueux, tout en tenant compte du bien-être du troupeau restant en permettant aux congénères de voir le cheval décédé avant son départ.

Sur le terrain, les équipes Horsia sont régulièrement confrontées à ces situations.

« Lors de certaines prises en charge, il arrive que les chevaux restés au pré se manifestent fortement au moment du départ. Certains hennissent, d’autres cherchent à suivre le véhicule. Il est parfois demandé que les congénères puissent approcher le corps, le sentir. Ces moments nécessitent beaucoup d’attention et d’adaptation », témoigne Julien, agent Horsia.

Au-delà de la prise en charge du corps, l’accompagnement proposé par Horsia s’inscrit également dans le temps du deuil, à travers la restitution des cendres, des urnes funéraires dédiées aux chevaux ou encore des bijoux cinéraires, choisis par certains propriétaires comme supports de mémoire et de continuité du lien.

« J’ai choisi de conserver une partie des cendres de mon cheval dans une urne, et d’en disperser une autre sur les lieux où il était heureux. Cela m’a beaucoup aidée. Comme pour mes chiens et mes chats, c’était important pour moi de pouvoir lui dire adieu », témoigne une propriétaire accompagnée par Horsia.

Pour les propriétaires, la perte d’un cheval représente souvent un choc. Selon une étude exclusive Kantar 2025 pour Esthima/Veternity[1], 83 % des Français estiment qu’un cheval occupe une place affective équivalente à celle d’un chien ou d’un chat, et 76 % déclarent avoir vécu la perte de leur animal comme un véritable deuil. Cette même étude révèle également que 84 % des Français estiment qu’un cheval ou un poney mérite un hommage et un rituel funéraire au même titre qu’un chien ou un chat.

« Il n’y a pas de hiérarchie entre les deuils », souligne Hélène Roche.
« Perdre un cheval avec lequel on a partagé vingt ou trente ans de vie peut être un déchirement immense. »

Hélène Roche est éthologue, spécialisée dans le comportement du cheval. Formée en éthologie appliquée, elle consacre depuis plus de vingt ans ses travaux à l’observation des équidés et à la compréhension de leurs comportements, de leurs émotions et de leurs relations sociales.

Autrice de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique, elle œuvre à faire le lien entre les connaissances issues de la recherche et les pratiques de terrain, auprès des professionnels comme des particuliers. Elle intervient également comme formatrice en éthologie équine et collabore avec différentes structures spécialisées dans le bien-être et la relation homme-cheval.

Horsia est un service funéraire dédié aux équidés. Lancé en 2010, il propose une alternative respectueuse à l’équarrissage pour les chevaux, poneys et ânes.

Pionnier de la crémation équine en France, Horsia accompagne les propriétaires dans la fin de vie de leur animal, en assurant une prise en charge digne sur le lieu de décès jusqu’à la crémation avec ou sans restitution des cendres.

Présent sur l’ensemble du territoire grâce à un réseau de six crématoriums équins, Horsia œuvre depuis plus de quinze ans à faire évoluer la reconnaissance du cheval comme un animal de compagnie à part entière, y compris dans ses derniers instants.

Esthima, Pompes Funèbres Animalières, et Horsia, service funéraire pour équidés, sont des services du groupe Veternity France.


[1]Étude quantitative réalisée en mai 2025 auprès de 1 010 Français, selon un échantillon national représentatif (sexe, âge, région, catégorie socioprofessionnelle, taille d’agglomération).


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Author: Agence Yoann Latouche Group