Jumbo : le déni de l’État face à une souffrance pourtant documentée
One Voice réagit avec stupeur aux déclarations faites hier sur X par Mathieu Lefèvre, ministre délégué au ministère de la Transition écologique, affirmant que l’état de santé de l’hippopotame Jumbo « n’est pas alarmant ».
Ces propos, fondés sur des rapports vétérinaires commandités par l’administration, sont en contradiction flagrante avec les éléments dont nous disposons et que nous avons portés à la connaissance des autorités.
Des rapports administratifs approximatifs et opaques
Le premier rapport émanant des services préfectoraux du Lot-et-Garonne début février 2026, n’a jamais été communiqué malgré nos demandes répétées, posant une question légitime de transparence. Le deuxième rapport – émanant cette fois des services préfectoraux de Gironde plus tard en février, que nous avons pu consulter, soulève de graves interrogations quant à sa rigueur : établi à l’issue d’une visite d’1h30, il repose largement sur les déclarations du propriétaire du cirque Zavatta, sans vérifications essentielles sur le terrain.
De nombreux points cruciaux n’ont pas été examinés : absence de consultation du dossier médical ni de contrôle des conditions de vie réelles (température, qualité de l’eau du container dans lequel Jumbo se baigne, dimensions des installations…). Pire encore, des observations contredisent directement les constats réalisés par nos propres vétérinaires experts, en 2024 et janvier 2026.
Conditions de détention indignes et dangereuses
Nos investigations sont sans appel : Jumbo souffre d’obésité sévère, de douleurs articulaires importantes et d’une dégradation rapide de son état de santé. Les symptômes observés début 2026 montrent une aggravation significative de ses troubles locomoteurs.
Contrairement aux affirmations officielles, la situation de Jumbo est catastrophique. Cet hippopotame, animal semi-aquatique et grégaire passant jusqu’à 16h dans l’eau et parcourant des dizaines de kilomètres par nuit, est maintenu seul depuis près de 40 ans, dans des conditions incompatibles avec ses besoins biologiques fondamentaux : absence d’accès suffisant à un bassin adapté, enfermement prolongé, parfois des jours d’affilée dans la remorque et exploitation en spectacle.
Nos équipes l’ont récemment constaté lors de l’installation du cirque Muller à Lormont (33) ces dernières semaines. Jumbo est resté enfermé pendant deux semaines sans accès à sa “piscine”. Il est en outre contraint de participer à des représentations, allant désormais jusqu’à porter une personne sur son dos, malgré son état de santé préoccupant.
Sans parler de la sécurité du public, concernant un animal listé parmi les animaux les plus dangereux d’Afrique qui n’est séparé des visiteurs au mieux par des barrières légères, le plus souvent par un simple fil pas toujours électrifié et régulièrement franchi par les spectateurs.
Des condamnations, et pourtant l’impunité
La famille Muller, qui multiplie les installations illégales partout où elle passe, n’en est pas à son premier contentieux judiciaire.
Alexandre Muller déjà condamné à de multiples reprises pour outrage, menaces de mort et violences sur agents dépositaires de l’autorité publique, rébellion et entrave à la circulation. Edmond Muller, condamné pour des violences physiques et morales commises contre des défenseurs des animaux qui manifestaient pacifiquement et légalement.
Mais surtout, tous deux ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Valence en 2020 pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques ; placement ou maintien d’un animal dans un environnement cause de souffrance ; utilisation d’un mode de détention inadapté pouvant être cause de souffrance ou de blessure. »
Ces faits concernent directement les conditions de vie imposées à Jumbo dans le cirque. Le comble ? La saisie de l’hippopotame avait été ordonnée avant l’audience. Elle a échoué face à la violence des circassiens. Et l’État, la Justice ont plié. Même après la condamnation, Jumbo leur a été laissé.
Stoppons ces pratiques d’un autre temps !
Au-delà du cas de Jumbo, cette situation illustre les dérives persistantes liées à la captivité des animaux sauvages dans les cirques. Alors même que leur interdiction est annoncée, aucune solution concrète n’est aujourd’hui garantie pour assurer le transfert de ces animaux vers des structures adaptées.
Alors que le cirque Muller est attendu à Mérignac ces prochains jours, One Voice appelle :
- les autorités à faire preuve de transparence et à diligenter une expertise indépendante et complète ;
- les collectivités à refuser l’installation de cirques exploitant des animaux sauvages ;
- le public à ne plus cautionner ces pratiques d’un autre temps.
Jumbo est le symbole d’une souffrance silencieuse que nous ne pouvons plus ignorer.
Jumbo n’est pas un numéro. Il n’est pas une attraction. S’il meurt dans sa remorque, après avoir enduré des douleurs continues et impossibles à décrire tant elles sont intenses, les responsables devront en répondre. Nous obtiendrons justice pour lui. Mais il est encore temps de le sortir de là. One Voice appelle le grand public à signer sa pétition.
Crédit : One Voice
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Author: One Voice
