Dunkerque : un chien jeté du 5e étage et une femme violemment frappée 12 mois de prison et interdiction à vie de détenir un animal
Le tribunal correctionnel de Dunkerque a condamné, vendredi 16 octobre 2026, un homme poursuivi pour des violences sur une femme et des actes de cruauté envers un animal ayant entraîné sa mort. Le prévenu a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Le tribunal a également ordonné son maintien en détention et prononcé une interdiction définitive de détenir un animal.
Un petit chien jeté du cinquième étage, puis euthanasié
Les faits remontent au 13 octobre 2026, à Dunkerque (Nord). Une femme de 52 ans s’était rendue chez son voisin, accompagnée de son petit chien Bandit, un croisé bichon-yorkshire âgé de quatre ans.
Au cours de la soirée, une dispute avait éclaté après que la victime s’était servie du tabac de son voisin pour confectionner une cigarette. L’homme avait alors saisi le petit chien et l’avait tenu à l’extérieur de la fenêtre de son appartement situé au cinquième étage. L’animal avait chuté dans le vide.
Lors de ses auditions, le prévenu avait reconnu avoir volontairement tenu Bandit dans le vide pour effrayer sa propriétaire, tout en affirmant que l’animal lui avait échappé accidentellement.
Retrouvé au pied de l’immeuble, le petit chien présentait de multiples fractures, notamment au niveau de la colonne vertébrale et des membres postérieurs. Ses blessures étaient telles qu’il avait malheureusement dû être euthanasié le lendemain.
La propriétaire de Bandit avait également subi de graves violences au visage. Elle avait déclaré aux policiers avoir reçu huit coups de poing, entraînant notamment un important hématome à l’œil droit, un visage tuméfié et une plaie à la lèvre nécessitant un point de suture. Une incapacité totale de travail de deux jours avait été retenue.
Lors de son audition, la victime avait expliqué aux enquêteurs que son voisin connaissait parfaitement l’attachement qu’elle portait à son chien :
« Il savait que ce chien c’est la prunelle de mes yeux, comme un enfant. »
Une condamnation à 12 mois de prison et une interdiction définitive de détenir un animal
Le tribunal correctionnel de Dunkerque a déclaré le prévenu coupable et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans.
Dans le cadre de ce sursis probatoire, plusieurs obligations lui ont été imposées, notamment celle de travailler, de suivre des soins en addictologie, de réparer les dommages causés, de ne pas entrer en contact avec la victime et de régler les sommes dues au Trésor public.
Le tribunal a également prononcé une interdiction à vie de détenir un animal et ordonné le maintien en détention du condamné.
Une reconnaissance du préjudice animalier
Constituée partie civile, l’association Stéphane LAMART “Pour la défense des droits des animaux”, reconnue d’utilité publique, a obtenu la condamnation du prévenu au paiement de :
- 1 000 € de dommages-intérêts au titre du préjudice moral associatif ;
- 1 000 € au titre du préjudice animalier, en réparation de la souffrance endurée par Bandit ;
- 1 200 € au titre des frais d’avocat.
Soit un montant total de 3 200 € accordé à l’association.
La reconnaissance distincte du préjudice animalier constitue un élément particulièrement important de cette décision, puisqu’elle prend en considération les souffrances subies par l’animal lui-même, indépendamment du préjudice moral de l’association.
Stéphane Lamart, président-fondateur de l’association, réagit : « Je me félicite de cette condamnation et notamment de l’interdiction définitive de détenir un animal et surtout le maintien en détention de ce condamné ! Rien ne pourra malheureusement ramener Bandit, qui a perdu la vie dans des circonstances particulièrement cruelles. Je retiens également que le tribunal a reconnu et indemnisé distinctement le préjudice animalier, c’est-à-dire les souffrances endurées par Bandit avant sa mort. C’est une reconnaissance importante, car les animaux sont des êtres sensibles et leurs souffrances doivent être pleinement prises en considération par la justice. »
Cette affaire rappelle également le lien qui peut exister entre les violences exercées sur les personnes et celles commises envers les animaux. Dans certaines situations, les animaux deviennent eux aussi des victimes, notamment pour intimider, menacer ou faire souffrir leurs propriétaires.
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Author: Association Stéphane Lamart
