24 September 2026

Nourrir ou trahir : et si la droite et la gauche avaient les mêmes raisons d’en finir avec l’élevage intensif ?

Nourrir ou trahir : et si la droite et la gauche avaient les mêmes raisons d’en finir avec l’élevage intensif ?

Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, cofondateurs de L214, publient Nourrir ou trahir. Comment l’élevage intensif saigne la France aux Éditions Payot le 30 septembre. Souveraineté alimentaire, santé publique, conditions de travail des éleveurs et des ouvriers d’abattoir, climat, vie des animaux : ce livre documente que l’élevage intensif ne tient aucune des promesses au nom desquelles il s’est imposé. Les auteurs y opposent une voie de sortie – diviser par deux le nombre d’animaux tués pour l’alimentation française d’ici 2030 – et détaillent les mesures pour y parvenir.

Page après page, l’ouvrage reprend les promesses que l’élevage intensif prétend tenir et documente comment il les rompt.

Trahison de la souveraineté alimentaire, dépendance au soja sud-américain et aux engrais russes et biélorusses. Trahison envers les agriculteurs endettés jusqu’à 620 000 euros et frappés par 500 à 600 suicides chaque année. Trahison envers les ouvriers d’abattoir, confrontés à une violence structurelle documentée dès 2016 par une commission d’enquête parlementaire. Trahison de la santé publique, entre pollutions, risques pandémiques et antibiorésistance. Trahison envers le contribuable, qui paie deux fois : une première fois les subventions versées à ce modèle, une seconde fois la dépollution de l’eau qu’il laisse derrière lui. Trahison des engagements climatiques : les produits animaux concentrent 84 % des émissions de gaz à effet de serre de l’alimentation européenne. Trahison tout aussi cruelle envers les animaux : huit sur dix passent leur vie entière enfermés et entassés dans des élevages intensifs avant d’être envoyés à l’abattoir.

Souveraineté alimentaire, revenu des agriculteurs, condition animale, santé et environnement, liberté individuelle : tous sont trahis par l’élevage intensif.

Au printemps dernier, pendant l’examen du projet de loi d’urgence agricole, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qualifiait les mégafermes de « méga fake news » et assurait aux députés que la majorité des animaux d’élevage français ont accès à l’extérieur.

Cet été a pourtant cruellement rappelé l’existence des élevages intensifs et une de leurs limites : plus de deux millions d’animaux sont morts, enfermés dans ces bâtiments transformés en fournaises. Dans le même temps, la loi d’urgence agricole était votée, promettant d’assouplir encore les procédures pour construire plus de 2 000 bâtiments d’élevages d’ici 10 ans.

C’est ce décalage et bien d’autres que Nourrir ou trahir met sur la table. Jamais l’élevage intensif n’a été autant protégé et favorisé. Jamais il n’a autant coûté, à ceux qui y survivent, à ceux qui y travaillent et aux contribuables qui le financent malgré eux.

Nourrir ou trahir porte une proposition concrète : réduire de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation en France d’ici 2030. L214 défend cette mesure dans sa campagne le Sauvetage du siècle. Cela permettrait d’épargner chaque année 600 millions d’animaux terrestres, soit plus de huit fois la population française, et plusieurs milliards d’animaux aquatiques.

Cet objectif rejoint les conclusions convergentes de huit études indépendantes dont celles de l’Iddri, de Solagro, de l’Ademe, du Réseau action climat, de France Stratégie, du Haut Conseil pour le climat et du Haut Conseil pour la santé publique, ainsi que les recommandations du Giec, de l’OMS, de la FAO et de la commission EAT-Lancet.

Selon un sondage YouGov réalisé en août 2026, 70 % des Français soutiennent cette réduction de moitié d’ici 2030.

Nourrir ou trahir expose les moyens d’atteindre cet objectif. Interdire l’importation de viande produite selon des normes d’élevage moins exigeantes que celles de l’Union européenne, via des mesures miroirs : une protection que 87 % des Français réclament déjà. Mettre fin à toute nouvelle construction ou extension de bâtiment privant les animaux d’accès à l’extérieur, via un moratoire. Réorienter une partie des 9 milliards d’euros de la politique agricole commune versés chaque année à la France, aujourd’hui captés majoritairement par les filières de production animale, pour financer la transition plutôt que le modèle actuel. Ces changements toucheraient principalement les 1 % d’élevages qui concentrent la moitié des animaux.

Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 et coautrice du livre : « On nous a fait croire qu’il fallait choisir son camp : pour les agriculteurs ou pour les animaux, pour le climat ou pour la souveraineté alimentaire. Mais l’élevage intensif ne défend aucun de ces camps, il les renie tous en même temps. C’est ce que ce livre documente, chiffres à l’appui. »

Pour Sébastien Arsac, cofondateur de L214 et coauteur du livre : « C’est un livre sur une impasse dont nous devons sortir collectivement. Réduire de moitié le nombre d’animaux tués d’ici 2030 est une nécessité, soutenue par une majorité de Français. Ceux qui croient que l’élevage intensif peut durer se bercent d’illusions.  »

  • Livre Nourrir ou trahir. Comment l’élevage intensif saigne la France.
  • De Brigitte Gothière et Sébastien Arsac.
  • Éditions Payot. 272 pages. 19 €.
  • Parution le 30 septembre 2026.

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Author: L214 Ethique & Animaux