11 September 2026

Coupe du monde 2030 : combien de chiens devront mourir pour que la FIFA sorte enfin de son silence ?

Coupe du monde 2030 : combien de chiens devront mourir pour que la FIFA sorte enfin de son silence ?

En 2030, le Maroc accueillera, avec l’Espagne et le Portugal, la Coupe du monde de football. Un événement planétaire censé célébrer le sport, le rassemblement et la fête.

Mais derrière les stades et les projecteurs, une autre réalité suscite une mobilisation et une indignation internationales qui ne cessent de prendre de l’ampleur : celle des chiens errants du Maroc, victimes de campagnes d’abattage dénoncées par des organisations de protection animale.

Des chiens seraient encore abattus, empoisonnés ou capturés. Certains meurent immédiatement ; d’autres, grièvement blessés, seraient laissés pour morts et condamnés à une longue agonie. Combien devront encore mourir dans ces conditions avant que la FIFA sorte de son silence ?

Ces animaux ne sont responsables, ni de leur naissance dans la rue, ni de leur nombre. Ils paient aujourd’hui le prix d’années d’inaction et de l’absence d’une politique réellement déployée à grande échelle en matière de stérilisation, de vaccination et de contrôle des naissances.

En 2019, un accord entre plusieurs autorités marocaines prévoyait pourtant, la méthode TNVR : capturer, stériliser, vacciner puis relâcher. L’OMS rappelle que l’abattage des chiens n’a pas d’impact positif sur l’incidence de la rage. La sécurité des personnes doit évidemment être prise au sérieux, mais protéger les êtres humains et protéger les animaux ne sont pas deux objectifs incompatibles. Tuer ne règle et ne réglera pas les causes de la prolifération.

Adoptée en 2026 et publiée au Bulletin officiel le 10 août, la loi marocaine n° 19.25 encadre la prise en charge des animaux errants. Mais certaines dispositions interrogent. Les articles 5 et 44 peuvent notamment conduire à une amende de 500 à 2.000 dirhams lorsqu’un particulier, en violation des conditions prévues, nourrit, héberge ou soigne un animal errant dans l’espace public. Une disposition difficile à comprendre lorsque des citoyens et bénévoles tentent précisément de secourir des animaux affamés ou blessés.

L’International Animal Welfare Protection Coalition (IAWPC), qui représente 83 organisations de Protection Animale, estime, par ailleurs, que certaines notions restent insuffisamment définies et pourraient laisser une porte ouverte à la mise à mort dans des «cas exceptionnels». En 2025, la FIFA a elle-même aidé l’IAWPC à transmettre aux autorités marocaines une version révisée du projet de loi 19.25, privilégiant une gestion humaine, scientifique et durable. La FIFA connaît donc parfaitement le dossier.

Le 28 juillet 2026, l’IAWPC a, de nouveau, interpellé le secrétaire général de la FIFA après avoir reçu des éléments faisant état de chiens qui auraient été tués par balle ou empoisonnés dans plusieurs villes. La coalition affirme aussi avoir obtenu un bon de commande émis en 2026 par la commune de Jerada concernant 1.125 cartouches de chasse destinées à l’abattage de chiens. Ces accusations sont graves. L’existence d’une loi ne suffit pas : ce qui compte est son application réelle sur le terrain.

Face à cette situation, impossible pour moi de me contenter de m’indigner derrière un écran. J’ai lancé une pétition demandant à la FIFA d’utiliser son influence afin que la Coupe du monde 2030 ne puisse en aucun cas servir de justification à la mise à mort des chiens errants.

J’ai également contacté directement la FIFA : un courriel, puis un courrier écrit et signé adressé à sa Direction Juridique. Je demandais une prise de position, une réponse, un engagement. A ce jour ; rien, aucune réponse…

Ce silence est d’autant plus incompréhensible que la FIFA connaît le dossier. Je ne prétends pas qu’elle tue elle-même ces chiens, mais elle dispose d’une influence considérable : elle peut demander des comptes, exiger le respect des engagements et condamner les méthodes cruelles. À partir de quand le silence cesse-t-il d’être de la neutralité ?

Je ne mène pas un combat contre le Maroc ni contre les Marocains. Des citoyens, bénévoles et associations marocains se battent eux-mêmes pour sauver ces animaux. Mon combat est contre la cruauté et contre l’idée qu’un animal puisse devenir une variable d’ajustement lorsqu’un pays prépare un événement international. Le football est un sport, un loisir, une passion. Il ne devrait jamais devenir une raison de faire disparaître ceux qui dérangent de la photographie.

Je ne représente aucune association. Je suis une citoyenne française qui refuse de détourner le regard et qui agit avec ses propres moyens. Je nourris et soigne des chats errants sur mes propres deniers ; je possède mon matériel de capture, les piège moi-même pour les faire stériliser et recherche des solutions d’adoption. J’ai aussi été famille d’accueil afin d’éviter à certains animaux de retourner à la rue.

En France, où la divagation canine est encadrée par la loi, il m’est arrivé à plusieurs reprises de recueillir chez moi des chiens perdus, de contacter vétérinaires ou associations et de diffuser des annonces pour retrouver leurs propriétaires. J’ai toujours une laisse à disposition pour tenter de mettre en sécurité un chien rencontré seul. Pour moi, la protection animale ne consiste pas seulement à s’indigner : elle consiste à agir.

Au moment où j’écris ces lignes, plus de 600 personnes ont déjà signé ma pétition, contre 212 quelques jours auparavant. Cette mobilisation m’expose aussi à des commentaires agressifs, parfois à des insultes. Mais plus on essaie de me décourager, plus ma motivation et ma détermination grandissent.

Je continuerai donc à faire circuler cette pétition et à interpeller la FIFA, parce que la souffrance animale n’a pas de frontière et la compassion n’a pas de passeport.

Je demande aux lecteurs une chose simple : signez et partagez cette pétition. Je ne demande ni argent ni engagement militant, seulement quelques secondes pour donner du poids à ceux qui ne peuvent ni écrire à la FIFA, ni saisir les médias, ni lancer eux-mêmes une pétition.

Le lien vers la pétition est ici

Une signature devient une voix. Des centaines deviennent une mobilisation. Des milliers deviennent un message beaucoup plus difficile à ignorer. Ils n’ont pas de voix. À nous de leur en donner une.

Le sport doit rassembler. Il ne doit jamais servir de prétexte à tuer.

FIFA, le monde regarde. Eux ne peuvent pas parler. Nous, oui…

OMS ; Parlement marocain, loi 19.25

IAWPC, publications des 12 novembre 2025, 28 juillet et 5 août 2026.


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Author: Véronique Kuhlmann