Massacre à la prime et chasses illégales sur le domaine d’Olivier Bouygues en Sologne : audience les 7 et 8 septembre
Les 7 et 8 septembre 2026, le tribunal correctionnel d’Orléans examine ce que l’Office français de la biodiversité et les gendarmes ont trouvé au domaine de Fontenaille, à La Ferté-Saint-Aubin, en Sologne : un charnier d’oiseaux protégés recouvert de chaux, des pièges interdits, une liste d’animaux à abattre et une prime pour chaque cadavre. Pendant des années, derrière les clôtures, des hérons, des buses, des aigrettes et des faucons ont été tués pour un macabre loisir. One Voice est partie civile et demande une condamnation exemplaire.
Le 4 juin 2025, sur signalement, les agents de l’OFB et les gendarmes perquisitionnent ce domaine, propriété d’Olivier Bouygues, d’environ 750 hectares. Ce qu’ils trouvent ne relève d’aucune autorisation : des rémiges de hérons, des plumes de buses variables, le bec d’un héron cendré, le crâne et le croupion d’un grand cormoran. Des dépouilles jetées dans un charnier avec les déchets de chasse, puis coulés à la chaux pour les faire disparaître plus vite. L’enquête a également identifié des faucons crécerelles, des grandes aigrettes et des busards. Autour du charnier, tout l’attirail : de nombreux pièges, dont des pièges à mâchoires interdits – ces engins qui broient une patte et laissent l’animal agoniser des heures, une pelleteuse, des documents recensant les animaux à abattre, d’autres établissant qu’une prime était versée selon le nombre de mises à mort. Ces mises à mort étaient plus fréquentes au printemps, quand ces oiseaux ont des petits au nid.
Une liste d’animaux à abattre, et une prime pour chaque cadavre
Un livret de chasse de 2023, saisi au domicile du régisseur du domaine, énumère les animaux à éliminer : le chat, le hérisson, la buse, le héron, le cormoran. Aucun ne pouvait être tué légalement. Cette liste ne dit rien d’une nuisance, elle dit tout d’une gêne : ces animaux mangeaient du poisson, occupaient un territoire, passaient là où l’on élevait d’autres animaux destinés à servir de cibles. Alors on les a payés à la tête. L’enquête ne décrit pas le dérapage de quelques gardes-chasse, mais une entreprise de destruction tenue à jour dans des carnets, financée, poursuivie année après année sans que rien ne vienne l’inquiéter. C’est bien ainsi qu’elle est qualifiée : atteinte à la conservation d’espèces protégées, en bande organisée.
Les enclos de chasse, zones de non-droit pour chasseurs fortunés
Les enquêteurs ont aussi relevé environ 500 sangliers et 120 cervidés sur quelque 160 hectares clôturés. À cette densité, un enclos de chasse n’en est plus un : c’est un élevage, et il n’était pas déclaré comme tel. Des animaux enfermés, nourris, comptés, puis attendus au fusil. Nous avons documenté ces enclos, en Sologne notamment, lors de nos enquêtes en infiltration de 2020 et 2021 : derrière les grillages, à l’abri des regards, une poignée d’hommes assez fortunés pour s’offrir des terres y tuent sans limite ni saison. Il ne s’agit même plus de se croire au-dessus des lois : on vit depuis si longtemps sans qu’elles s’appliquent qu’on a cessé d’imaginer qu’elles existent.
« Des chasseurs qui se croient au-dessus des lois, qui considèrent que la nature leur appartient et que les animaux sont des jouets à leur disposition : voilà ce que nous dénonçons depuis des années. Nos enquêtes en infiltration de 2020 et 2021 l’avaient déjà montré. En Sologne particulièrement, les enclos de chasse sont de véritables zones de non-droit, où des chasseurs fortunés massacrent des animaux sans aucune limite. Ce dossier en est la criante illustration. », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.
One Voice sera présente à l’audience et demande une condamnation exemplaire de toutes les personnes qui ont participé à ces faits, y compris de celui qui rémunérait les hommes qui les ont commis. En coalition avec le Conservatoire d’espaces naturels et Loire Nature Environnement, nous demandons réparation du préjudice écologique. Aucune somme d’argent ne rendra la vie à ces animaux : nous demandons donc que cette réparation serve à acquérir, avec les associations locales, des terrains durablement soustraits à la chasse. Transformer l’argent en hectares où plus personne ne peut tirer.
Six personnes sont poursuivies ; elles encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.
Notre association est opposée à la chasse. Elle l’est plus encore à ces domaines clos où l’on élève des animaux pour qu’ils soient tués pour un loisir abject, et où l’on élimine au piège et à la prime les autres qui ont eu le malheur de passer par là.
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Author: One Voice
