Cirques condamnés : One Voice dit non aux subventions publiques
En mai 2025, le ministère de la Transition écologique dévoilait un plan d’accompagnement financier des cirques itinérants. One Voice avait immédiatement dénoncé l’abandon des animaux, laissés entre les mains de leurs tortionnaires, sans aucun espoir de rejoindre un sanctuaire. Ces dernières semaines, ce projet s’est concrétisé lorsque l’Agence de service et de paiement a présenté l’aide financière prévue pour les circassiens. One Voice a contacté cet opérateur de l’État pour demander que les établissements condamnés par la justice ou ne respectant pas la loi ne touchent aucun financement public.
Animaux détenus illégalement ou livrés à d’immondes trafics, reproduction et naissances illicites, maltraitance, escroquerie… Les cirques sont nombreux à s’affranchir des lois pour tirer toujours plus de profit de ceux qu’ils ballotent de ville en ville. À deux ans de l’entrée en vigueur de l’interdiction des spectacles d’animaux sauvages dans les cirques itinérants, la France compte encore plus de 600 animaux captifs sous les chapiteaux : 328 fauves, 58 primates, 2 hippopotames dont Jumbo, des zèbres, autruches, perroquets et serpents.
Plutôt que d’organiser en urgence leur transfert vers des sanctuaires dignes, l’État prévoit un plan d’accompagnement de plus de 35 millions d’euros pour le secteur. One Voice refuse que l’argent public serve à financer des établissements condamnés pour maltraitance, détention illégale ou abandon.
Des condamnations judiciaires, des subventions publiques ?
Depuis des années, One Voice documente et porte devant la justice des affaires de maltraitance et d’exploitation illégale.
Le dresseur Mario Masson a été reconnu coupable de mauvais traitements sur dix tigres maintenus vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans un camion-cage, condamnation confirmée en appel le mois dernier. Steve Gougeon a été condamné pour maltraitance et détention irrégulière de lions. Le Cirque William Zavatta, le Nouveau Cirque Triomphe, le Cirque de Rome ont également été reconnus coupables par les tribunaux.
Après plus de trois décennies d’exploitation, le dresseur Max Aucante a profité de l’inaction du gouvernement pour vendre Samba à un cirque sédentaire hongrois, ni vu ni connu.
Faut-il désormais que les contribuables financent ces mêmes établissements ?
One Voice a saisi l’Agence de service et de paiement, le Ministère de la Transition Ecologique, le Ministère de l’Intérieur ainsi que le Ministère de l’Économie et des Finances pour demander l’exclusion immédiate de tout dispositif d’aide des structures condamnées ou ne respectant pas la loi. Il serait moralement et politiquement inacceptable que l’État subventionne ceux qui ont bafoué la réglementation et fait souffrir des animaux.
Des naissances illégales en toute impunité
Depuis le 1er décembre 2023, la reproduction d’animaux sauvages est interdite dans les cirques itinérants. Pourtant, les naissances se poursuivent.
Des tigreaux ont vu le jour au Cirque Muller-Zavatta, au Cirque Europa, au Cirque Franco-Belge ou encore au Cirque Boletti. Dans le Tarn, trois bébés félins sont nés le 30 juin dernier dans l’établissement « Au cœur des félins », entraînant un signalement de One Voice aux autorités. À l’été 2024, neuf lionceaux sont nés au Cirque Claudio Zavatta après l’abandon de neuf lions adultes âgés ou malades. Pourtant, une aide à la stérilisation de 2000 euros par animal est prévue par le décret, rendant donc ces naissances d’autant plus scandaleuses.
Chaque naissance illégale aggrave la situation et alourdit la facture morale et financière à l’approche de 2028.
35 millions d’euros pour « enterrer le problème » ?
Le gouvernement a annoncé un plan de plus de 35 millions d’euros afin d’« accompagner » les circassiens et sécuriser des solutions d’accueil d’ici 2028. Pour aider à la “reconversion” des cirques qui se séparent de leurs animaux, le décret n° 2025-396 du 30 avril 2025 prévoit notamment jusqu’à 100 000 euros par établissement et même des sommes conséquentes par animaux, l’aide pouvant ainsi atteindre 30 000 euros pour un hippopotame par exemple.
Pour One Voice, cette stratégie révèle une incohérence majeure : alors que les sanctuaires manquent de financements et que certains projets sont bloqués administrativement, l’État envisage de signer des chèques à ceux-là mêmes qui ont exploité ces animaux pendant des décennies.
« Parce qu’il n’a pas anticipé les conséquences de la loi, l’État préfère aujourd’hui payer pour enterrer le problème. Les animaux sont réduits à des lignes budgétaires. L’argent public ne peut pas récompenser la maltraitance », dénonce One Voice.
L’urgence : des sanctuaires, pas des subventions aveugles
Les 600 animaux encore détenus ne peuvent évidemment pas être relâchés dans la nature. Ils doivent rejoindre des structures spécialisées capables d’assurer leur prise en charge à long terme. Or, les refuges alertent sur le manque de places, l’absence de visibilité financière et les lenteurs administratives qui freinent certains projets.
La France a déjà connu les conséquences d’un défaut d’anticipation avec la loi de 2021 sur les delphinariums. Faute d’avoir préparé en amont des solutions d’accueil adaptées, le sort des orques et des dauphins de Marineland se retrouve dans une impasse.
À deux ans de l’échéance de 2028, il serait irresponsable de reproduire le même scénario avec les animaux captifs des cirques. Sans planification claire, sans financement structurant des sanctuaires et sans calendrier transparent des transferts, la France risque de se retrouver face à une nouvelle crise évitable.
Pour One Voice, la priorité est claire :
- conditionner strictement toute aide au respect irréprochable de la loi,
- exclure les établissements condamnés,
- financer durablement les sanctuaires indépendants,
- organiser sans délai les transferts vers des lieux de retraite adaptés.
Il ne s’agit plus d’accompagner un modèle en fin de vie, mais de garantir enfin une issue digne à des animaux qui ont déjà payé le prix fort.
Crédit photo : One Voice
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Author: One Voice
